Où est passé le mouvement ouvrier ?

Trois ans après le début du mouvement des Gilets Jaunes, force est de constater que le vieux mouvement ouvrier français, que ce soit sur le plan syndical ou politique (les organisations d’extrême gauche), a cessé d’exister en tant que tel.

La situation sociale n’a pourtant jamais semblé aussi propice à une lutte d’ampleur : les injustices et les inégalités, qui furent les éléments déclencheurs de la révolte populaire de l’automne 2018, ne font que s'aggraver ! En effet, lors de notre lutte en Gilets Jaunes, ou bien lors des confinements, des couvre-feux ou encore dans les manifestations contre le pass sanitaire, le « mouvement ouvrier » est resté muet. Pire, il s'est souvent permis de faire obstacle à notre classe, entravant notre révolte et appuyant même la dictature « sanitaire » du gouvernement ! Qu'est-ce que cela signifie ? Nous pensons qu'il s'agit là de signes qui ne trompent pas : le « mouvement ouvrier » a passé l'arme à gauche et s'est définitivement rangé du côté de l’ordre établi. Déconnecté des intérêts ouvriers, il est devenu une vulgaire caution « de gauche » de la bourgeoisie.

1) Les Syndicats : Après tant de trahisons, une mort clinique effective !

Depuis une trentaine d’années, nous assistons à une chute historique des effectifs syndicaux. La classe ouvrière n’est aujourd’hui plus vraiment représentée par et dans les syndicats. Il faut dire que le mouvement syndical, tel que nous l’avons connu, était déjà le fruit pourri de la collaboration d’après-guerre du PCF et de la CGT avec le patronat. Transformés pour de bon en « partenaires sociaux », les syndicats ne sont même plus capables de défendre a minima nos intérêts.

En cette nouvelle époque, caractérisée par un durcissement de la lutte des classes, plus aucun progrès n'est possible dans le cadre du capitalisme. Ainsi, refusant toute révolte de classe, les syndicats se sont réduits, au mieux, à accompagner la régression sociale. Plus aucune conviction ouvrière ne les anime, ils ne font plus que préserver leur pathétique respectabilité institutionnelle auprès des dominants... Rien d'étonnant qu'ils soient devenus, pour tous les prolétaires conscients, des « vendus » qui ne leur sont plus d’aucune utilité !

En somme, les syndicats ne pouvaient pas être le partenaire de la bourgeoisie tout en restant un outil d'émancipation des travailleurs salariés. Ils ont fait leur choix ! Mais comme le dit l’hymne des exploités, l’Internationale : « du passé, faisons table rase ! ». Le mouvement ouvrier renaîtra par la base, en s'organisant en toute indépendance ! Comités ouvriers ou Assemblées de lutte, notre classe doit désormais créer et structurer son propre pouvoir !

2) Une extrême-gauche de perdue, un parti révolutionnaire à retrouver !

Ce qu’on appelle historiquement l’extrême-gauche n’est plus qu’un milieu hétérogène, composé en majorité d’« électrons libres », d'individus sans organisation qui n'ont plus rien à voir avec des militants ouvriers formés. Qu’ils se définissent comme libertaires, antifascistes ou anticapitalistes, sans repères ni principes de classe, ils copinent avec la bourgeoisie politicienne du moment qu'elle s'étiquette « à gauche ». Quant aux organisations héritées de l’extrême-gauche, comme le NPA ou l'UCL, ce n'est guère plus réjouissant. Toutes collaborent aujourd’hui allègrement avec la gauche ! Ainsi, nous dressons ce constat implacable : l’extrême-gauche est passée au service de l'ennemi de classe social-démocrate !

Mais depuis quand la bourgeoisie et ses politiciens de « gauche » offrent-ils des gages à notre classe, le prolétariat ? Faut-il encore rappeler toutes les politiques menées par la gauche ces dernières décennies, avec Mitterrand, ou encore avec Jospin qui privatisait en masse le pays avec ses petits copains du PCF ? Ou bien faut-il remonter encore plus loin dans le temps, et parler de l'’insurrection du prolétariat allemand, en 1918, lorsque les sociaux-démocrates du SPD au pouvoir (la gauche) écrasèrent dans le sang les ouvriers révolutionnaires et firent assassiner les militants communistes Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht ?! Que tous les traîtres à leur classe prennent garde, ceux qui collaborent avec nos ennemis seront traités comme des ennemis ! Pour nous autres, les marxistes révolutionnaires, le seul clivage politique était, est, et restera toujours celui entre les classes sociales !

3) L’extrême-gauche, un cadavre rongé par l'intersectionnalité

Nous voilà donc avec une extrême-gauche en rupture avec sa classe sociale d’origine et qui se laisse inéluctablement absorber par la bourgeoisie organisée, que ce soit sous une forme associative ou directement politique. Mais le problème de ce milieu ne s'arrête pas là : très opportuniste, hostile à l'organisation et souvent composé de petits bourgeois dépourvus de conscience collective, ce milieu devient une des principales courroies de transmission de l’idéologie du pouvoir. Ainsi, en poussant l'individualisme jusqu'à son paroxysme, ils en arrivent à basculer dans le contraire des valeurs ouvrières : l’intersectionnalité ! Cette imposture idéologique tout droit venue des États-Unis, consiste à diviser le peuple en fonction de différentes lubies individualistes et identitaires. Origine culturelle, identité ou orientation sexuelle, et même nos prétendues « races » sont ainsi devenues, par l’intersectionnalité, des leviers pour dissoudre le clivage qui oppose toute notre classe aux exploiteurs capitalistes.

En résumé, ce milieu revendiqué d’extrême-gauche, non content d'avoir renoncé à ses vieux idéaux communistes ou anarchistes, en est arrivé au point où il défend une des pires idéologies bourgeoises ! En effet, l'intersectionnalité est à la fois sexiste et raciste, il s'agit d'un véritable venin contemporain pour saper l'unité des opprimés et s’affirmer comme la nouvelle police de la pensée ! La bourgeoisie ne s'y trompe pas, au travers de ses politiciens (comme Marlène Schiappa) ou bien de ses médias, elle ne cesse de l’encourager... Il y a encore dix ans, cette idéologie alors naissante en France était communément considérée comme d’extrême droite, avec des partis comme la Tribu K (des néo-nazis noirs) et les « Indigènes de la république » (parti ouvertement raciste). Mais aujourd'hui, ce sont carrément les milieux issus de l’extrême-gauche qui sont les plus zélés à l'incarner, et ce, jusque dans les prochaines élections avec ce gros porc opportuniste d’Anasse Kazib, le candidat de Révolution Permanente (scission du NPA) !

Conclusion

En somme, il est temps pour nous d'affirmer ce que nous n'avons fait que vérifier ces dernières années : il n'y a plus de mouvement ouvrier à proprement parler. Pire, le milieu qui en est issu tapine aujourd'hui pour les riches ! Essentiellement composé d'idiots utiles du système, ce milieu ne peut plus qu'entraver la marche du prolétariat vers la Révolution. Si nous nous devons d’agir avec discernement à l'égard des individus qui le compose, nous mènerons un combat politique implacable pour aider notre classe à s'en affranchir ! Organisés, conscients et déterminés, nous autres, les militants ouvriers révolutionnaires, allons remettre  les pendules à l'heure !

Avec nous camarades, toujours fidèles à notre classe, incorruptibles et armés d'un marxisme bien vivant, nous construisons, jour après jour, le parti de la Révolution !

Le communisme ou la mort !