Chômage :

Une nécessité du

capitalisme

 

L’employé loue sa force de travail au propriétaire de la terre, des usines, des instruments de production et de distribution. Le capitaliste utilise donc cette force pendant une durée déterminée, par exemple la journée de travail.

Une partie de celle-ci couvre les frais d'entretien du salarié et de celui de sa famille (le salaire) ; l'autre partie crée pour le capitaliste la plus-value, source de profit. C’est du travail gratuit pour le patron. La théorie de la plus-value constitue la pierre angulaire de la théorie économique de Marx. C’est en faisant travailler son employé au-delà du temps nécessaire à celui-ci à reproduire l’équivalent de son salaire, que le capitaliste s’enrichit. L’intérêt du capitaliste est directement lié à ce temps d’exploitation. Pour augmenter, ou même maintenir son taux de profits l’exploiteur doit augmenter le temps où l’ouvrier travaille pour lui gratuitement. Il peut, soit augmenter la durée du travail pour le même salaire, soit augmenter la productivité (mécanisation, cadences…).

Le chômage permet donc de maintenir une pression sur les salaires et sur les cadences. En effet, salaire et plus-value sont toutes deux tirées de la valeur produite par le salarié lorsqu’il travaille. Sans le chômage, le salarié serait dans un rapport de force lui permettant de négocier une meilleure part de cette valeur produite, c’est-à-dire un meilleur salaire. La part de la plus-value revenant au patron diminuerait d’autant.

On se rend compte également que tous les gains de temps de travail humain liés au développement de la technique seront immédiatement accaparés par le capitaliste. Le partage du temps de travail va à l’encontre des fondements du système économique capitaliste et c’est dans l’intérêt de l’exploitant de maintenir disponible cette « armée de réserve » que constitue ces travailleurs sans emploi.

Voilà pourquoi le chômage, cette aberration, est aussi profondément lié au capitalisme et qu’aucune politique ne pourra l’éradiquer. Tant que se maintiendra ce système d’exploitation, une partie du prolétariat sera condamnée à l’oisiveté, tandis que l’autre « surtravaillera ». Ainsi pas de temps pour les uns et pas d’argent pour les autres, la vie du peuple sacrifiée pour les profits de quelques-uns...

Publié dans Combat n°38 Hiver 2015