Fralib :

Comment le patronat nous enfume et nous exploite !

 

L’usine de conditionnement de thé près de Marseille vient de reprendre le travail au terme de 57 jours de grève. Les salariés ont obtenu 32 euros d’augmentation, le versement d’une prime de 1200€ pour compenser les pertes de salaires et une semaine de congés payés.

Cette grève avait commencé avec la négociation salariale annuelle après une énième provocation de la direction qui proposait 16 euros de hausse de salaire quand les employés réclamaient 200 euros. Les arguments de la direction ne sont que des tissus de mensonges, elle refuse une demande qu’elle juge « irréaliste » et tente de faire passer les ouvriers pour des nantis.

Les travailleurs ont alors fait les comptes : le PDG (ancien patron de Coca-cola) touche 393 500 euros par mois contre 1 550 euros net pour une ouvrière avec 38 ans d’ancienneté ! Sur les boîtes de thé vendu dans le commerce sous différentes marque (Lipton, Eléphant, Tchaé…) au prix moyen de 2euros, la part salariale (dirigeant compris) est de 15 centimes. Avec 200 euros d’augmentation pour tous elle passerait à 17 centimes ! Depuis plusieurs années la direction mène une guerre totale envers les travailleurs : sanctions contre les salariés et les représentants du personnel CGT, réduction d’effectifs, remise en cause des conditions de travail, des accords passés, des statuts, pressions psychologiques. La conséquence est l’augmentation de l’absentéisme, la multiplication des TMS, des arrêts de travail et des dépressions, mais les salariés en ont marre de subir et la grève à rassemblé 80% du personnel.

« En 1989, deux sites produisaient 1,580 milliard de sachets/an. En 2009, Gémenos, seul, a produit 1,530 milliard. La production était donc de 5,525 millions de sachets/an et par salarié en 1989. Elle est aujourd’hui de 8,270 millions sachets.

En vingt ans, la productivité et l’exploitation par salarié a donc augmenté de 50 %. Dans le même temps, le salarié qui était payé 46 % au-dessus du SMIC n’est plus payé que 3,5 % au-dessus du smic » nous explique la CGT. Voilà comment le patronat s’approprie la plus-value créée par les travailleurs.

Parallèlement, grâce à une société écran basée en Suisse, le groupe s’exempte chaque année de plus de 60 millions d’impôts sur les produits vendus en France. Et le groupe Unilever, dont dépend Fralib, à versé plus d’un milliard de dividendes à ses actionnaires entre 2007 et 2008. La répartition des richesses apparaît clairement comme le terrain de la lutte entre le salariat exploité et une direction à l’ordre des actionnaires. Malgré un mouvement long et suivi les travailleurs n’ont rien obtenu et la direction n’a lâché que des clopinettes. L’usine n’a jamais été occupée et la question du pouvoir ouvrier n’a jamais été posée par les syndicats. Ce n’est pourtant qu’à cette condition que la force changera de camp.

Sommes-nous condamnés à l’exploitation ? Ou allons-nous enfin construire le socialisme qui, seul, permettra de nous émanciper du joug de ces parasites afin de construire le monde de demain : celui de la classe ouvrière !

Publié dans Combat n°13 Mai/Juin 2010