Au bout du fusil…

Le paradis communiste !

[Pourquoi l’humanité a tout à y gagner]

 

Nous disons que la société communiste représente l’avenir de l’humanité. Le communisme n’est pas une simple alternative à la société capitaliste que nous connaissons. Il est le nécessaire dépassement, non seulement du capitalisme, mais aussi de tous les systèmes d’exploitation qui se sont succédés dans l’histoire.

Il représente la fin de la division de la société en classes sociales et par là même, la fin des Etats chargés d’assurer la domination d’une partie des hommes sur les autres. En un mot, le communisme représente l’aboutissement civilisationnel d’une humanité définitivement libérée de l’oppression. Mais quels changements est-on en droit d’espérer dans la vie des hommes et des femmes ? C’est à cette question que nous allons ici tâcher d’apporter quelques éléments de réponse au travers d’une projection que nous pensons sensée et pertinente.

Prérequis au communisme

Avant de pouvoir aborder la question de la dimension humaine sous le communisme, il nous faut rappeler ce qu’il implique préalablement. N’en déplaise aux anarchistes, nous ne passerons pas de l’enfer capitaliste au paradis communiste du jour au lendemain comme par magie. Une pareille conception est complètement utopiste. Il nous faudra nécessairement engager un processus révolutionnaire historique. Un processus qui exigera, même après la prise du pouvoir insurrectionnelle des travailleurs salariés, un certain temps. Nous aurons donc besoin d’un pouvoir révolutionnaire temporaire, de ce que Marx appelait la « dictature du prolétariat ».

Ce pouvoir, fondé sur les assemblées de travailleurs et sur différents comités, est encore, qu’on le veuille ou non, une forme d’Etat, bien que passagère. Car il faudra inévitablement une phase transitoire pour en finir avec toutes traces d’exploitation dans le monde, et pour accompagner les modalités de réorganisation de tout le fonctionnement social. C’est cela qui est souvent appelé le « socialisme », ce qui correspond à une période révolutionnaire où l’économie a déjà été socialisée -c’est-à-dire a perdu son caractère privé pour passer intégralement dans le domaine public-, mais où les restes de la société d’exploitation perdurent encore sous une forme ou une autre. Les sociétés « communistes » du 20ème siècle n’ont jamais dépassé cette phase « socialiste » de développement, et elles n’auraient pas pu la dépasser tant que le capitalisme existait -et dominait- à l’échelle mondiale. Cependant, nous pouvons déjà affirmer, par expérience, que les luttes, les mouvements sociaux et encore davantage les révolutions amorcent une transformation positive dans les esprits, les comportements et les rapports humains (élévation du niveau de conscience, solidarité, esprit collectif, fraternité, etc.)

Les expériences socialistes du 20ème siècle

En Union Soviétique, en Chine Populaire, à Cuba ou ailleurs, les premières expériences socialistes ont été riches en enseignements. Au niveau humain, ces sociétés ont parfois engendré des changements significatifs. Du fait d’une économie socialisée permettant entre autre chose de réduire les inégalités et de supprimer le chômage, les comportements et les rapports entre les hommes avaient commencé à changer. Ces sociétés étaient encore loin du communisme, elles étaient par ailleurs bureaucratisées, mais il n’empêche qu’elles sont tout de même parvenues à laisser entrevoir des changements dans l’attitude des hommes et des femmes.

D’une manière générale, ces sociétés socialistes ont offert un cadre sécurisant et fraternel pour ses habitants. Imaginez un peu qu’en Union Soviétique, il n’y avait même plus besoin de fermer à clé la porte de chez soi ! Le vol était en effet devenu très marginal ! Les inégalités étant réduites, le chômage et la misère éradiqués, il n’y avait donc déjà plus besoin de se méfier de son prochain. A partir de là, tout avait commencé à changer, un climat de fraternité sociale s’instaurait. Il faut aussi bien s’imaginer que nous n’étions plus, comme dans la France d’aujourd’hui, dans une société capitaliste où l’immense majorité des habitants est maintenue dans l’abrutissement et l’acculturation. Non, les citoyens soviétiques bénéficiaient déjà d’un niveau d’instruction supérieur, il n’y avait pratiquement plus d’échec scolaire, et n’importe qui dans la rue pouvait échanger autour de références littéraires ou scientifiques.

Ce n’était peut-être pas encore le « paradis communiste », loin de là, mais c’était déjà autre chose que la société capitaliste ! Rien d’étonnant qu’en Russie, il y ait toujours, presque trente ans après la fin du socialisme, une nostalgie aussi forte de la période soviétique !

Le cadre économique et social du communisme

Le communisme est une société moderne où tout le fonctionnement social et économique est ramené au service exclusif de l’humanité. Comme dans la phase socialiste, les entreprises sont publiques, c’est-à-dire socialisées, mais le communisme ne s’arrête pas là. Il permet aussi de socialiser les coûts de satisfaction de l’ensemble des besoins. En termes simples, le communisme permet la gratuité généralisée. Il n’y a plus d’argent, plus de salariat ni d’exploitation ; il y a simplement une participation non-monnayée des travailleurs aux besoins sociaux.

Mais cette participation des hommes et des femmes à la production de biens et de services n’a rien à voir avec le travail que nous connaissons aujourd’hui. En effet, le partage du travail et les progrès dans la production, ses « gains de productivité », réduisent de façon draconienne le temps de participation de chacun. 20 heures par semaine ? 10 heures par semaine ? Le temps de travail sous le communisme est amené à baisser au gré du progrès général.

Quant au travail en soi, il ne revêt plus du tout le caractère aliénant et contraignant qu’il a aujourd’hui. Non seulement nous travaillons moins mais surtout nous travaillons mieux, dans de bonnes conditions, sans pression hiérarchique, à un rythme raisonnable, dans un climat bienveillant, le tout avec toujours plus de souplesse et de libertés. Car il faut bien s’imaginer, que nous pourrons tous participer aux domaines les plus variés de la vie économique, c’est-à-dire expérimenter différents domaines et nous reconvertir facilement.

Enfin, il faut comprendre que le communisme implique aussi une augmentation du niveau de qualification des participants à la production, une hausse et une harmonisation des compétences. Il n’y a plus de clivage entre le travail intellectuel et le travail manuel, nous sommes tous en quelque sorte à la fois ouvrier et ingénieur, nous sommes des travailleurs très qualifiés, capables d’une grande polyvalence avec chacun des spécialités acquises au cours de son expérience individuelle. Le cadre économique du communisme permet donc aux individus de bénéficier de beaucoup de temps libre et de s’accomplir véritablement comme des hommes et des femmes.

Le communisme, un paradis et des hommes

A quoi va ressembler la vie des hommes sous le communisme ? Nous ne sommes pas des prédicateurs, nous ne pouvons que projeter un certain nombre de choses au vu des connaissances actuelles. Cependant, nous pouvons raisonnablement considérer que le communisme va radicalement changer la vie des hommes et des femmes dans le sens le plus positif qui soit.

Commençons par rappeler, une fois encore, que le communisme concrétise socialement la notion de fraternité. Nos besoins de sécurité (matérielle comme morale) étant largement assurés, la confiance en son prochain deviendra naturellement la règle. Terminée la petitesse des microsphères familiales ou affinitaires destinées à nous rassurer dans un monde capitaliste hostile ! Sous le communisme, c’est toute la communauté humaine qui remplira cette fonction bienveillante !

Dans ce cadre, il parait évident que l’ensemble des normes et des valeurs auront connu un bouleversement sans précèdent. Terminée l’opposition entre l’individu et le collectif; celle-là sera largement dépassée ! Les individus s’épanouiront et s’accompliront dans et par le collectif. Bénéficiant d’un climat de fraternité, d’une bienveillance de tous les instants et d’un sentiment de confiance, tous les individus, du plus fort au plus faible, développeront pleinement leurs qualités humaines, qu’elles soient morales, artistiques, intellectuelles ou même physiques. Sous le communisme, nul besoin de légiférer pour encadrer les différents rapports sociaux ou humains. Les éventuelles difficultés tendront à se régler quasi-naturellement. L’élévation morale et intellectuelle, d’individus parfaitement insérés au monde collectif qui les entoure, rendra complètement inutile tout système législatif ou judiciaire.

Quant à nos pulsions, par exemple sexuelles ? Terminée la frustration ou encore la perversion ! Sous le communisme, les rapports entre les hommes et les femmes auront changé. Place à l’amour et à la complémentarité entre les sexes ! Plus de méfiance à l’égard de l’autre sexe, les hommes et les femmes accomplis pourront tous assouvir leurs besoins affectifs et sexuels. Finis les tabous, place à des rapports de séduction et à une sexualité libérés !  Quant aux autres formes d’expressions pulsionnelles, par exemple « guerrières » ou « aventurières » ? Plus de guerre, ni de répression des pulsions, nous assouvirons tous nos tendances propres dans le sport, dans différentes activités ou tout simplement dans le cadre d’une vie riche et libre !

Conclusion

Ainsi, il faut bien comprendre le communisme comme le cadre d’accomplissement de toute l’humanité, et ce, sous tous ses aspects. Nos vies seront infiniment plus épanouissantes qu’elles ne l’ont jamais été dans l’histoire ! Débarrassée de toutes les causes économiques de son malheur, l’humanité n’aura plus qu’à exercer son droit au bonheur. L’égalité sociale et la fraternité générale deviendront les socles de la liberté humaine. Camarades, au bout du fusil, il y a un monde à gagner : le communisme, la concrétisation du paradis, le vrai, celui des vivants !

ELIAS