Comment en finir avec le chômage ?

 

1) Chômage et capitalisme

Le chômage de masse fait partie intégrante de la société capitaliste et n’existait pas, sauf conjoncture particulière, dans les sociétés antiques et féodales.  Il peut être, selon les périodes, plus ou moins important, mais il y a toujours eu, et il y aura toujours, des travailleurs salariés « inoccupés » ou plutôt sacrifiés dans une économie capitaliste.

Certes, les périodes de forte croissance économique associées aux nécessités de reconstruction d’un pays après une guerre, permettent d’augmenter l’offre de travail et de réduire significativement le taux de chômage. Mais, même dans les conjonctures particulièrement favorables à l’emploi, la société capitaliste veille toujours à écarter une part des actifs de la production (de 1 à 5%). Et pourquoi maintient-elle le chômage, quitte à encourager l’immigration pour répondre à ses besoins ou encore quitte à freiner sa propre croissance ? Eh bien parce que le capitalisme a besoin du chômage, de cette « armée industrielle de réserve », pour tirer vers le bas les salaires ou tout du moins limiter leurs hausses ! L’économie capitaliste considère en effet le travail comme un marché, et le travailleur, cette marchandise, a un prix (son salaire) qui est déterminé par l’offre et  la demande de travail, et dont dépend le capital. S’il n’y a pas assez de travailleurs, ceux-ci coûteront cher, et d’autant plus cher que cette « marchandise intelligente » comprendra très vite qu’elle est en position de force pour faire augmenter son prix ! Si en revanche, la demande est supérieur à l’offre, le prix de la marchandise-travail reste faible, le capital maintien ses taux d’accumulation de la richesse, et la « marchandise revendicative » est calmée car susceptible d’être remplacée. En vérité, la société capitaliste ne peut pas et ne veux pas résoudre la question du chômage, car celui-ci est indispensable à son équilibre et à sa survie. Et c’est ici que nous touchons du doigt le cœur du problème : le capitalisme n’a pas vocation à servir l’Homme et la société, il répond à ses propres lois, et celles-ci servent uniquement les intérêts de quelques-uns et ce au détriment du plus grand nombre.

2) Travail et communisme

Fonder le développement économique et social sur la propriété privée et le « dynamisme des entrepreneurs » ne fonctionne pas à Vita aeternam ! L’époque du capitalisme florissant, et des progrès qu’il a, souvent malgré lui, engendré, est bel et bien révolu. Les taux de chômage atteignent des records, et des régions entières se retrouvent sinistrées au nom des lois de la « compétitivité » et des « choix stratégiques » de quelques gros propriétaires. Plus que jamais, les grandes et moyennes entreprises concernent toute la société. Celles-ci devraient donc logiquement relever du domaine public ! Mais c’est au processus inverse auquel nous assistons, avec les plans de privatisations, qui offrent aux milliardaires, une part toujours croissante des richesses sociales et des entreprises publiques ! C’est un parfait contre-sens, mais bien naïf celui qui n’a pas compris que l’Etat, quels que soient les gouvernements et les résultats électoraux, s’est précisément constitué pour servir la classe capitaliste et assurer sa domination sur la société. Voilà pourquoi nous sommes révolutionnaires, et voilà qui explique l’inaptitude du pouvoir d’Etat en place à résoudre la question du chômage ! En vérité, seul un nouveau pouvoir salarié, produit d’une révolution sociale, pourra régler le problème du chômage ! Par l’expropriation des capitalistes et par la nationalisation révolutionnaire des entreprises, nous pouvons jeter les bases d’une économie socialiste au service des hommes et de la société ! Dans une économie socialisée, les richesses produites sont partagées et le travail est réparti entre tous. En partageant l’effort de travail, ainsi qu’en supprimant les nombreux emplois parasites que la société capitaliste exige, nous pourrions rapidement  baisser significativement le temps de travail de chacun et allonger la durée les congés payés. Dans une économie socialiste, les gains de productivité bénéficient à toute la société, et permettent soit, d’accroitre la production, soit d’abaisser encore le temps de travail. En travaillant tous, nous travaillons moins, et nous gagnons notre liberté !

Conclusion

La condition sine qua non pour éradiquer le chômage, c’est le dépassement révolutionnaire du capitalisme. C’est seulement en parvenant à maitriser socialement l’économie, c’est-à-dire en s’appropriant collectivement les entreprises, que nous garantirons durablement le plein emploi. Il n’y a là rien d’utopique ! Les premières sociétés de transition socialistes du vingtième siècle, sont toutes, après leurs révolutions respectives, rapidement parvenues à en finir avec le chômage ! C’est la voie à suivre, et nous feront d’autant plus de « miracles » en déclenchant et en gagnant des révolutions dans les pays les plus développés économiquement ! Le 21ème siècle est mûr pour une nouvelle vague de révolutions communistes ! Chômage et exploitation, toutes les aberrations d’aujourd’hui ont déjà leurs places au musée des antiquités !

ELIAS

Publié dans Combat n°37 Novembre 2014