L’impérialisme et les régimes capitalistes seront balayé par une puissante vague de révolutions, et céderons la place a de nouvelles sociétés fondées sur des principes radicalement différents. Imaginons le processus type de cette rupture révolutionnaire : Le fort niveau de développement des forces productives et le caractère toujours plus social de la production semblent ne plus pouvoir s’accommoder avec le mode d’appropriation privé des moyens de production.

Nous sommes dans un contexte d’agonie de l’économie capitaliste. Après avoir essuyé des crises et obtenu quelques sursis en exigeant toujours plus de sacrifices à la classe salariée, le système semble trouver ses limites ; la récession est forte, les chômeurs devenus trop nombreux ne perçoivent plus que des miettes en guise d’indemnités, et les travailleurs, précarisés au nom de la sauvegarde des profits de leurs patrons, multiplient en retour les mouvements de grève. La crise se généralise, elle devient sociale et politique. Les mouvements de lutte prennent comme des feux de paille, un contexte pré-révolutionnaire s’installe, et bien vite les assemblées générales de salariés, d’étudiant ou encore de quartier s’érigent en noyaux de pouvoir «exécutifs et législatifs à la fois» concurrent au pouvoir de l’Etat bourgeois en place.

Les conditions objectives sont mûres pour la révolution. Mais les conditions subjectives préalables à la révolution, sont également en voie d’être réunies. Plusieurs dizaines de milliers de communistes solidement organisés s’acquittent de leurs tâches ; «sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire», tel est l’idée qui guide la campagne de propagande communiste destinée à dresser les objectifs révolutionnaires et socialistes du mouvement. La lutte idéologique des communistes est implacable ; Les représentants syndicaux et politiques de la collaboration de classes, missionnés par la bourgeoisie pour tenter de désamorcer le mouvement, sont démasqués, combattu et marginalisé. Les opportunistes du mouvement ouvriers, les partisans pacifiés des préjugés bien-pensants et des revendications strictement syndicales du mouvement spontané perdent également des positions ; «tout culte de la spontanéité du mouvement, toute dépréciation de l’élément conscient […] signifie par la même, un renforcement de l’idéologie bourgeoise...», affirment les communistes qui assument leur rôle d’avant-garde du mouvement de lutte !

Cependant, la partie n’est pas gagnée d’avance ; car le gouvernement, bien qu’impopulaire et fragilisé, peut s’assurer l’appui d’un puissant appareil de domination et de coercition ; L’Etat bourgeois reste en place. Après avoir combiné maladroitement l’intimidation et une politique hypocrite de main tendue à l’égard du mouvement, le gouvernement décide de durcir sa politique répressive. Parallèlement, la bourgeoisie commence à développer et à utiliser contre les grévistes ses milices de vigiles fascisants ; Des grévistes et des étudiants sont expulsés de leur lieu de travail occupé, les Manifestations sont violemment réprimées et plusieurs leaders du mouvement sont arrêtés. Le pouvoir des assemblés populaires, d’entreprises, de quartiers et d’université est physiquement menacé.

Les communistes, qui avaient prévu et prévenu la masse des lutteurs sur l’inévitabilité de cette vague de répression, dirigent l’organisation de l’autodéfense et organisent les mesures de survie du mouvement ; Les groupes d’autodéfense armés se multiplient, et les lieux de réunions et de replis sont définit pour permettre la poursuite de la lutte. Nous sommes arrivés aux portes de la guerre civile. Suite à la répression, les préjugés démocratico-pacifistes et autres idées naïves ont été marginalisés, le peuple salarié a tiré les leçons. Les communistes ont gagné une confortable majorité dans les assemblés du mouvement. Ces dernières sont désormais massivement favorables à la révolution, et la «neutralité bienveillante» de la masse de la population « passive » semble assuré. Les communistes mettent alors l’insurrection à l’ordre du jour ; «la révolution consiste en ceci : le prolétariat détruit l’appareil administratif et l’appareil d’Etat tout entier, pour le remplacer par un nouveau», cette fois fondées sur le pouvoir de nos assemblés et de nos conseils (soviets). Tel est l’objectif conscient et immédiat que le mouvement s’est fixé. Le déclenchement de l’insurrection approche.

Les communistes ont pensé et préparé le plan depuis de nombreuses années, et ils organisent avec l’accord et la complicité des assemblés une multitude de comités insurrectionnels chargés de taches techniques bien précises. Pour chaque quartier, chaque ville et chaque région, la topographie a étudié, un plan d’offensive sur les lieux stratégiques (dépôt d’armes, commissariats, postes, centres de contrôle…) et de pouvoirs (mairies, bâtiments gouvernementaux…) est déterminé. Les communistes ont accumulé un nombre conséquent d’armes et ont entraîné militairement un nombre important de leurs camarades. Par ailleurs, grâce au minutieux travail d’agitation, d’infiltration et de contre-espionnage organisé par les rouges, l’insurrection bénéficie de nombreux appuis au cœur même de l’appareil militaire et de renseignement de l’Etat bourgeois. Bref, les communistes ont pensé à l’avance, méthodiquement, le coup de force révolutionnaire, et s’apprête à prendre la direction technique du peuple insurgé. Ils savent qu’il ne faut « jamais jouer avec l’insurrection et, quand on la commence, être bien pénétré de l’idée qu’il faut marcher jusqu’au bout. Rassembler, à l’endroit décisif, au moment décisif, des forces de beaucoup supérieurs à celles de l’ennemi, sinon ce dernier mieux préparé et mieux organisé, anéantiront les insurgés. L’insurrection, une fois commencé, il faut agir avec la plus grande décision et passer absolument, coute que coûte, à l’offensive. « La défensive est la mort de l’insurrection armée ». Il faut s’efforcer de prendre l’ennemi au dépourvu, de saisir le moment ou ces troupes sont dispersées. Il faut remporter chaque jour des succès, même peu considérables (on peut dire : chaque heure, quand il s’agit d’une ville), en gardant à tout prix l’avantage moral ».

L’insurrection est imminente. Les services de police sont en alerte ; Dans toutes les villes du pays des manifestations d’ampleur sont organisées. Mais les manifestations sont une couverture destinée à accaparer l’attention des forces de répression. Alors que les manifestations battent leur plein, et que les premiers heurts opposent la police aux manifestants, l’offensive insurrectionnelle est déclenchée. Les comités insurrectionnels étroitement coordonnés et centralisés grâce à l’Etat-major communiste, lance au même moment l’attaque contre les points stratégiques du pouvoir d’Etat ennemi. En moins d’une heure, la plupart des lieux ciblés cèdent devant la détermination des assaillants révolutionnaires. Les manifestations se transforment en révoltes ouvertes et les batailles rangées tournent à l’avantage des émeutiers. En quelques heures, les principales villes du pays passent sous la domination du pouvoir révolutionnaire des assemblés et des conseils. De nombreuses personnes, pourtant jusqu’ici étrangères au mouvement, sortent et manifestent leur solidarité et leur désir de se rendre utile. Le soir même, les assemblés populaires, plus nombreuses que jamais, se réunissent et impliquent directement un nombre impressionnant de personnes. Le premier bilan est établi ; la révolution est victorieuse, mais un nombre inquiétant de bastions de la réaction et de lieux du pouvoir d’Etat s’obstinent à résister. Les comités insurrectionnels renforcés par un grand nombre de salariés armés, sont chargés par les différentes assemblés, d’aller, la nuit même, à l’assaut des derniers forcenés de l’Etat du capital. Dès le lendemain, la dictature socialiste du prolétariat organisé dans les conseils est proclamée. Le nouveau pouvoir révolutionnaire organise alors «l’expropriation des expropriateurs» et les premiers plans de socialisation des structures économiques sont rapidement mit en place. L’édification de la société socialiste est en marche. Mais le risque d’une intervention militaire des régimes capitalistes environnent reste réel. Heureusement l’onde de choc de la révolution s’est propagée à l’international, et les situations prérévolutionnaires se développent dans plusieurs pays. Les communistes parviennent à convaincre le pouvoir révolutionnaire des conseils de la nécessité de développer les capacités militaires d’une armée populaire rouge, pour premièrement se prévenir d’une agression impérialiste, et deuxièmement, venir prêter main forte et apporter toute l’aide militaire et logistique nécessaire pour faire triompher la révolution internationale. La révolution est en marche ; les régimes capitalistes tombent sous l’assaut d’une puissante poussé insurrectionnelle appuyée par l’armée révolutionnaire, la réorganisation socialiste est effectuée sur la base d’une société matériellement développée, les formes de démocratie supérieure fondées sur les capacités de contrôle et de décision du peuple organisé dans les assemblés et les conseils sont préservés, et rien ne semble plus pouvoir arrêter la victoire définitive du communisme !

ELIAS

Publié dans Combat n°5 Décembre 2008