On estime que près de deux millions de français sont déjà en situation de surendettement, c'est-à-dire contractent une dette supérieur à 40% de leurs revenus. Mais ce phénomène n’est pas propre à la France, au contraire, le taux d’endettement y est plus faible que dans les pays anglo-saxons. Les risques de l’endettement sont doubles. Tout d’abord un travailleur endetté aura, bien évidemment, tendance à trouver un second emploi ou à faire plus d’heures travaillées au détriment de la vie familiale et de l’éducation des enfants. Les premiers à en profiter seront les patrons qui disposent alors d’une main d’œuvre corvéable prête à travailler plus, ce qui leur évitent d’embaucher. D’autre part, un travailleur endetté tend à ne pas se mettre en grève, ni à se syndiquer, et à lutter contre son patron. Ce dernier n’a qu’à menacer de virer son employé, ce qui serait synonyme de le mettre à la rue, pour que celui-ci perde toute envie de lutter contre l’exploiteur.

Au niveau de l’économie, l’endettement est, à court et moyen terme, un facteur de crise. En effet, les crédits créent artificiellement de la richesse. Par exemple, vous achetez  une maison en faisant un emprunt. L’entreprise qui construit votre maison va recevoir de quoi réaliser les travaux, mais en vrai, votre maison ne sera financée que si vous remboursez votre banque.

Or, si vous ne gagnez pas plus que le minimum pour survivre, vous ne pourrez jamais rembourser. Ceci deviendra un réel problème pour votre banque si plusieurs centaines de milliers de personnes ne peuvent la rembourser. C’est ce qui est arrivé avec la crise des « subprimes » aux Etats-Unis. Or, le capitalisme sans banques pour financer les investissements, c’est comme un moteur sans essence. Mais dormez sur vos deux oreilles, si le système est en crise, messieurs les patrons trouverons toujours de quoi s’en sortir. Et, en dernière analyse, la seule chose qu’ils craignent mortellement c’est nous !

Le crédit renforce l’emprise du patron sur les travailleurs ! Les crédits participent à la casse du code du travail Les crédits ont mis un système économique en crise, et c’est les travailleurs qui en paient le prix ! Mettons fin à la société de consommation, mettons fin à l’économie de marché !

Construisons une économie planifiée chargée de répondre aux besoins de l’homme, et non l’inverse !

JEFF

Publié dans Combat n°3 Octobre 2008