Les subprimes sont des « crédits faciles », à taux d’intérêts faibles, mais à haut risque de variation (jusqu'à 18%), qui étaient supposés faire accéder à la propriété des millions d’américains de revenus modestes. Cependant ces facilités d’accès à la propriété pour les gens impliquaient, en guise de garanties pour les banques, la mise en gage de leur logement. Et il a suffi qu’une partie des personnes ayant souscrit à ces prêts se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser leurs mensualités, et qu’ils soient par conséquent forcés de céder leurs biens immobiliers, pour que la spirale infernale se déclenche. Les biens immobiliers cédés allaient impliquer une chute des valeurs immobilières, qui elle-même allait provoquer la flambée des taux d’intérêt. Et ces mêmes taux d’intérêt, au départ faibles, ne furent évidement plus du tout à la portée de centaines de milliers d’américains. Devant la cessation des paiements, les banques ont donc saisi les biens des familles en question ainsi que leurs maisons, ne se souciant nullement du sort de celles-ci, qui se sont retrouvées presque du jour au lendemain à la rue.

Cela pourrait être banal tant le système capitaliste est coutumier de ce fait. Seulement, voilà, cela prend une toute autre dimension lorsque les cas se multiplient par milliers et que 2,5 millions d’américains perdent leur logement ; et que, plus grave pour les capitalistes, 280 établissements de crédits se retrouvent au tapis. Car ces banques ont eu beau dépouiller les habitants de leurs logements, ceux-ci ne valaient plus autant qu’auparavant ! Pour compenser ce manque à gagner ou éviter la faillite, les banques ont donc vendu massivement leurs actions, entraînant une chute générale des valeurs boursières. Et le jeu de dominos capitaliste se poursuit, la méfiance s’installe, les banques ne se prêtent plus d’argent, et ne parviennent plus à honorer leurs engagements financiers avec toutes les conséquences que cela implique sur l’économie dans son ensemble. Mais tant que les contribuables sont là pour éponger les dettes tout va pour le mieux dans le monde capitaliste qui découvre alors les vertus de la nationalisation et de l’interventionnisme étatique, un comble pour un pays, comme les USA, qui n’a eu de cesse de combattre le socialisme.

C’est le cas de la Bear Stearns en mars dernier rachetée par J P Morgan qui s’est vu prêté 30 milliards de dollars par la réserve fédérale américaine (Fed). Citons également Fanny Mae et Freddie Mac géants du crédit hypothécaire américains nationalisés pour 200 milliards de dollars le 7 septembre ou encore d’AIG, numéro trois mondial, dont les comptes furent renfloués, à l’aide de 85 milliards de dollars « prêtés » par le gouvernement de Bush. On croit ensuite à de la science-fiction lorsque le gouvernement annonce le rachat des produits à l’origine de la crise pour 700 milliards de dollars et cela pendant deux ans.

L’autre effet de la crise consiste en la répercussion directe sur la population des aléas de la bourse par la spéculation sur des valeurs refuges et sures comme les matières premières, ce qui provoque une hausse du prix des produits alimentaires, une inflation et donc une baisse du pouvoir d’achat. Cette crise financière révèle la fragilité et la stupidité d’un système que nous autres communistes combattons depuis toujours. Cette crise du système financier illustre la contradiction d’un capitalisme poussé pour accroître ses profits à forcer, a l’aide du crédit, le pouvoir de consommation de plus en plus limité du peuple salarié. Ce n’est que grâce à l’intervention du gouvernement américain qui est allé à l’encontre de ses principes libéraux du laisser-faire économique que le système capitaliste trouve aujourd’hui un nouveau sursis.

Mais tant que l’on restera dans le cadre de l’économie capitaliste, l’intervention des Etats et des banques centrales trouvent également de dangereuses limites. Car les dettes d’Etat et les limites du contribuable, poussent les Etats via leurs banques centrales à faire tourner « la planche à billets ». Autrement dit à créer « artificiellement » de l’argent, au risque de plonger l’économie dans une spirale inflationniste. L’Etat américain a ainsi « créé » 300 milliards de dollars pour faire face à la crise, et tente aujourd’hui de dissuader les banques privées d’emprunter en augmentant les taux d’intérêt. Bref, nul ne sait encore les conséquences de cette crise, mais une chose est sûre : Le serpent malade du capital se mord la queue, et il est grand temps pour lui d’aller rejoindre, au cimetière des antiquités, ses ancêtres de modes de production exploiteurs que sont l’esclavagisme et le féodalisme !

Alors que l’ARM-Combat combat pour la socialisation de l’économie, la nationalisation révolutionnaire des organismes financiers et de toutes les grandes structures de l’économie capitaliste ! Les Etats-Unis nationalisent des dettes contractées par des spéculateurs et des banquiers complètement débiles qui ont cru que l’endettement massif de la population et l’ingénierie bancaire pour limiter les risques, allaient leur assurer un maximum de profit. L’Etat américain sauve le riche spéculateur parasite sur le dos du peuple ! Nous voulons l’inverse, nous voulons sauver les peuples en expropriant les riches parasites ! Aujourd’hui la bourgeoisie et l’ensemble de ses représentants politiques et médiatiques, s’inquiètent de la santé de Wall Street et du système financier mondial qui ne doit surtout pas s’écrouler, et ils se foutent pas mal, ces messieurs-dames des beaux quartiers, de la situation des gens s’étant retrouvés à la rue. La crise financière mondiale a déjà couté 945 milliard de dollars (selon le FMI), et le porte-monnaie du prolétaire souffrira d’avantage que le coffre-fort du capitaliste.

Rendez-vous compte des réalisations que ces sommes auraient pu permettre au niveau mondial. Que penser des sommes injectés par le gouvernement américain pour sauver le système alors qu’elles auraient pu être utilisée pour développer des pans entiers de la société et les faire entrer dans le domaine public. Et que penser de la banque centrale européenne qui va injecter 30 milliards d’euros pour limiter la crise et qui sabote, en même temps, les services publics. Pour aider les capitalistes les caisses sont curieusement beaucoup moins vides que pour l’ouvrier ! C’est ce qui s’appelle se rendre service entre amis de la même classe. Quel beau système !

Camarades, il devient de plus en plus urgent de s’organiser pour lutter efficacement contre ce système économique qui montre aujourd’hui à la face du monde à quel point on peut lui faire confiance.

MEHDI

Publié dans Combat n°3 Octobre 2008