Car toutes ces niaiseries ne tiennent pas compte du fait que chaque jour, chaque heure, la réalité rattrape mon humanité : une mendiante estropiée qui implore la pitié. Deux policiers sont occupés à déposer des PV et bien sur cette fois encore j’y ai droit. Une bonne centaine d’immigrés attendent devant la préfecture, dans le froid, pour des histoires de papiers. Au boulot aujourd’hui j’ai 8 heures à tirer, et 8 heures dans ma boite ça correspond à une moyenne de 1480 colis à préparer. Je suis pressé de me rentrer, la nuit est déjà tombée. Malheureusement, 1H 15 min de bouchons plus tard, le supermarché est fermé. Ce sera donc les spaghettis réchauffés de la veille…

Ce n'est pas la peine que je m’attarde sur le sujet. Y’a ceux qui font semblant de supporter, ceux qui se résignent, ceux qui se détruisent ou encore ceux qui râlent mais jamais contre les coupables…

En tout cas dans mon cœur la question est tranchée, le jour où ça explose je serais des premiers !

Publié dans Combat n°5 Décembre 2008