Lobotomisés à dessein par un siècle de médias bourgeois, ils ne retiennent des expériences socialistes passées que ce que nos démocraties parlementaires ont bien voulu leur montrer : Un socialisme totalitaire et donc une expérience ratée, qui ne pouvait pas marcher.

«Un peu» : Ceux qui parviennent à élargir leur champ de vision jusqu’à, disons, 45° entrevoient déjà quelques réels éléments de progrès sociaux (médecine gratuite pour tous, prise en charge des soins dentaires, de l’éducation -jusqu’aux plus hautes universités si capacités- gratuité de l’eau et de l’électricité, loyers à plus ou moins 5% des revenus, zéro chômage, zéro sans abris, etc.) mais ne peuvent encore comprendre la nécessité de la révolution et de la destruction définitive des structures en place.

«Beaucoup» : D’autres enfin, avertis par de solides lectures, se livrent à des analyses plus profondes et réussissent donc à ouvrir les yeux sur certaines vérités : la révolution socialiste (seule et unique alternative au capital) est bel et bien une réalité historique. Il va de soi pour eux que le terme «dictature  du prolétariat», dans sa forme politique originelle (les «soviets»), est en fait  l’exact opposé du sens commun du mot «dictature» et qu’il est en réalité l’accomplissement démocratique le plus abouti. Ils savent que la dictature du prolétariat, sous la forme de la République des Conseils, a connu un temps sa réalité.

L’angle de vue de ceux qui sont enfin prêts à un tel discernement et à cette compréhension des choses est donc un angle neuf, libéré de toute récupération aliénante, désentravé de ses vieux liens de poncifs et de malentendus affligeants : Un angle plat, c’est-à-dire totalement ouvert, le seul permettant de dresser un but à l’humanité et permettre de toucher du doigt l’horizon à construire.

Ces derniers observateurs sont conscients que le communisme n’a encore jamais pu être réalisé et qu’au cours des expériences passées, la socialisation des moyens de production, des ressources et du foncier a existé. Le socialisme du 20ème siècle n’était qu’une phase de transition, qui au lieu d’évoluer vers la réalisation du communisme («société sans classes et sans Etat»), a au contraire dégénéré dans le sens de la contre-révolution capitaliste.

Le niveau de développement de l’économie, et les moyens technologiques actuels, heureusement, sont de nature à empêcher de telles récidives bureaucratiques, et sont en mesure d’assurer le meilleur développement au socialisme de l’avenir.

Et sortez-vous de la tête le cliché d’une société totalement uniforme, rien n’est plus faux ! Le socialisme réalisé relève au contraire d’une humanité où les valeurs de liberté et d’égalité  acquièrent définitivement leur plein sens. Quant au «socialisme» à l’occidentale, je veux dire celui de la gauche caviar goinfrée aux institutions parlementaires et bourgeoises, il n’est qu’une esbroufe de petites réformettes qui ne remettront pas en cause la sacro-sainte propriété privée de la production et des ressources !

Point de salut pour l’humanité et la planète, tant que le capital régnera ! L’histoire nous dira, espérons-le, qu’il ne fut qu’une phase de l’évolution humaine.

Si pour les premiers nous sommes des tarés, pour les seconds des allumés, soyons au moins pour les derniers, éclairés… et éclaireurs !

PAUL GAEL

Publié dans Combat n°6 Février 2009