Premier secteur touché, l’éducation. En effet, après avoir fait passer la loi LRU dans les universités, qui seront désormais soumises aux lois des marchés financiers, et perdront de fait leurs objectifs scientifiques, le gouvernement sarkozyste s’en prend depuis plusieurs mois aux lycées. Par l’intermédiaire du très réactionnaire Darcos, ce sont des milliers d’emplois (enseignants, personnel d’encadrement…) qui ont été supprimés pour mieux répondre, selon notre ministre, au devoir d’excellence de l’éducation. Comment peut-on être aussi démagogique et affirmer que l’enseignement sera d’aussi bonne qualité et même meilleur ? Tout simplement en suivant une logique comptable propre aux capitalistes, à savoir, il y a moins d’élèves donc il faut moins de profs. Plusieurs options d’enseignement culturel (théâtre, cinéma, musique) vont être balayées car pas assez rentables. Certaines matières fondamentales vont devenir optionnelles comme les Sciences Humaines, suivant le projet de semestrialisation du lycée, où les troncs communs d’enseignements seront réduits.  Il est vrai que pour eux une jeunesse moins instruite sera plus facile à manipuler.

Mais cela c’est sans compter sur la révolte de la jeunesse, qui exige un véritable enseignement et refuse de se faire bâillonner par Sarko et sa clique. Conscient du risque d’embrasement et pour éviter une radicalisation du mouvement à l’instar de nos voisins européens, Darcos a suspendu sa réforme le 15 décembre. La réforme n’est pas supprimée et Sarkozy a affirmé : «la réforme se fera». Il s’est empressé de confier une mission sur l’éducation au directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings. Ce dernier n’a rien trouvé d’autre comme idée que de proposer la mise en place de partenariats avec des investisseurs privés chargés de financer des projets dans les collèges et les lycées. Dans cette logique Darcos a ainsi signé le 8 janvier 2009 une convention avec l’association «100 000 entrepreneurs».

Ils veulent nous faire croire que le mouvement s’essouffle, mais la lutte continue et doit s’intensifier afin d’obtenir l’abrogation totale de cette réforme destructrice, car avec 13 500 suppressions d’emplois prévus à la rentrée 2009, il s’agit du plus grand «plan social» dans de notre pays. Dans les facs, dans la recherche, la lutte commence également à se mettre en place, pour rejeter le Plan Campus visant à créer des pôles d’excellence autour de quinze projets soumis à des partenariats publics/privés (hausse des frais d’inscription) Les autres universités devenant des facs de seconde zone. Ils démantèlent le CNRS à coups de coupes budgétaires, car pour eux la recherche scientifique n’a plus sa place dans leur monde où le fric est roi.

Puisque chacun doit jouir des mêmes chances, puisqu’il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures nous devons afficher notre détermination pour faire émerger collectivement nos exigences concernant notre éducation, qui doit être détachée du capitalisme et de ses impératifs financiers. Ils veulent un enseignement rentable, nous voulons un enseignement socialiste, où les jeunes pourront s’épanouir intellectuellement hors des intérêts  strictement économiques.

Deuxième secteur dans le collimateur, la santé. A l’heure où les Français se serrent la ceinture à cause de la crise, les déremboursements des frais de santé développés sous l’ère Xavier Bertrand s’accélèrent. Ce sont maintenant les frais d’optique et du remboursement des lunettes qui vont être transférés aux mutuelles. En effet, Roselyne Bachelot, ministre de la santé, a jugé possible le dimanche 25 janvier que la sécurité sociale se désengage totalement de secteurs comme l’optique, qui seraient alors pris en charge uniquement par les complémentaires santés. Ce sont encore les plus pauvres qui vont trinquer. Beaucoup d’entre nous n’avons pas les moyens de payer une mutuelle ni de pouvoir bénéficier d’un suivi médical de qualité. Autre incidence pour ceux qui ont la chance d’avoir une mutuelle, l’augmentation du coût de ces dernières. Encore un coup du  gouvernement contre les plus pauvres.

Autre réforme toujours motivée par des logiques comptables opposées au besoin du peuple, celle de la carte hospitalière, version santé de la réforme de la carte judiciaire. Conséquences programmées, la création de déserts médicaux, l’éloignement des citoyens des lieux de soins et donc augmentation des frais de transport, recours accru aux services d’urgence tels que le SAMU et autres pompiers, des visites à médicales à domicile (au coût exorbitant) … Bref, une augmentation des coûts parallèles en termes de Santé Publique. La ministre affirme que les regroupements des centres hospitaliers (et donc la fermeture de nombreux hôpitaux) se feront sur la base du volontariat mais nous ne sommes pas dupes, les décisions seront arbitraires. Les soins doivent être gratuits et accessibles à tous, et ils ne pourront l’être que par une redistribution socialiste des richesses et par la formation massive de spécialistes de la santé au service du peuple. Nos dirigeants sont des bons à rien qui font chaque jour l’expérience de leur inutilité  à résoudre nos problèmes mais font preuve d’efficacité dans la destruction de nos acquis sociaux!

Chacun dans sa vie de tous les jours est touché par les attaques contre le secteur public qui est notre bien commun. Nous devons défendre l’héritage transmis par nos anciens, nous soulever et refuser d’être les vaches à lait des capitalistes !

MEHDI

Publié dans Combat n°6 Février 2009