Le gouvernement a donc, comme l’année dernière, autorisé cette augmentation de 6% du prix du paquet de cigarettes, prix constitué, rappelons-le, à 80% par les taxes perçues par l’Etat et qui lui procurent une manne annuelle de 12,5 milliards d’euros. Le pouvoir justifie d’autant plus facilement ces augmentations à répétition en les associant à sa lutte hypocrite contre le tabagisme.

Pourtant ces augmentations des prix, tout comme ces lois réactionnaires qui ont exclu les consommateurs de tabacs de tous les lieux clos de convivialité en prétextant mensongèrement la nocivité du tabagisme passif (ce que les experts ont depuis démenti), n’ont eu absolument aucun effet en matière de lutte contre le tabagisme ! Au contraire, les consommateurs réguliers de tabac sont passés, entre 2005 et 2010, de 26,9% à 28,7% !

Les pauvres fumant d’avantage que les riches (par exemple, un chômeur sur deux fume) ces augmentations ne sont donc rien d’autre qu’une manière de taxer un peu plus le petit peuple, le tout après lui avoir volé, au nom de la même campagne anti-tabac, un de ses plaisirs les plus sains et les plus sacrés : le droit de se rassembler dans la fraternité enfumée du bistrot ou du resto du coin !

Publié dans Combat n°16 Novembre 2010