Mais à chaque fois, le laboratoire Servier, père du Médiator, avait pu poursuivre la juteuse mise en vente du médicament, sous réserve de promesses d’études complémentaires. Pour comprendre la nature de ce scandale, il faut préalablement considérer l’importance de Jacques Servier, le patron du laboratoire du même nom. Ce dernier, qui pouvait se vanter d’avoir fait 4 milliards de chiffre d’affaires en 2009, est en effet un puissant capitaliste, avec toutes les connivences politiques que cela implique. Il fut, à titre d’exemple, décoré par Mitterrand en 1985, par Strauss-Kahn en 1992, Par Chirac en 2002, ou encore tout récemment par Sarkozy (2008).

Les gouvernements et les médecins sont corrompus par les laboratoires. Un seul chiffre : les laboratoires déclarent dépenser 2,8 milliards d’euros en marketing en France. Que dire de la nouvelle secrétaire d’Etat à la santé : Nora Berra ? Très discrète en ce moment, médecin dans un hôpital à Lyon, elle a été pendant 10 ans simultanément embauchée par les principaux labos pharmaceutiques : Boehringer Ingelheim, Bristol-Myers-Squibb (BMS) et Sanofi Pasteur MSD Europe.

Ensuite, il faut insister sur l’interdépendance des organismes de contrôle sanitaire avec les trusts pharmaceutiques, les premiers tendant à se plier aux intérêts des seconds. Ainsi, par exemple, les autorisations de mise sur le marché (AMM), sont délivrées par des commissions où siègent des représentants du syndicat patronal des firmes pharmaceutiques. Par ailleurs, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps) est, quant à elle, directement financée par une taxe sur le chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique.

Dans ces conditions, il est évident que les gains financiers de ces industries valent bien quelques risques ou quelques sacrifices en matière de santé… Risquant de faire les frais du scandale, Xavier Bertrand, ce professionnel du mensonge et actuel ministre de la santé, a bien sûr promis des mesures en matière de sécurité sanitaire.

Mais la seule vraie solution de fond, est d’arracher l’industrie pharmaceutique aux appétits de leurs parasites de propriétaires ! Une vague de nationalisations, sans indemnités, ni rachat ! Voilà ce qu’exige avec urgence la santé de l’humanité !

Publié dans Combat n°18 Janvier/Février 2011