Renonçant à défendre le projet communiste sur l'échiquier de la lutte des classes, elle change donc de stratégie pour se concentrer sur un mouvement dans l'espoir absurde de construire une formation politique cohérente sur la seule base des revendications des luttes. Pour convaincre ses militants les plus réformistes elle nous pond une phraséologie pour contestataires honteux, parlant de "socialisme du XXIème. Siècle" de "nouveaux mouvements ouvriers" et de "nouvelle internationale". Pour convaincre ses militants à l’héritage communiste, elle galvaude les concepts de front unique, de programme de transition, de dictature du prolétariat. Mais dans tous les cas, la LCR, et son petit contestataire des plateaux télévisés, font régner une très mauvaise confusion sur la nature d’un parti de révolution.

Le mouvement n'est pas le parti.

A la différence du simple syndicat, Le parti révolutionnaire combat pour une ligne politique révolutionnaire juste et la direction politique de la lutte des classes, que ce soit aujourd'hui au sein des mouvements sociaux ou demain au sein des conseils de la dictature du prolétariat. En aucun cas le parti ne peut et ne doit se substituer au mouvement, ni aux conseils. D'une part parce que cela revient au système de parti unique ou au système de parti bourgeois électoraliste, d'autre part parce que l'hétérogénéité de la classe ouvrière tendra inévitablement à se reproduire au sein du parti. Trotsky avait raison quand il affirmait : " Les classes sont hétérogènes, déchirées par des antagonismes intérieurs et n'arrivent à leurs fins communes que par la lutte des tendances, des groupements, des partis." Un parti n’est ni un syndicat, ni un mouvement, il n’a pas vocation à rassembler les différents et programatiquement inconciliables courants de la contestation.

Car, par définition, le parti révolutionnaire a un programme révolutionnaire à défendre ! Le parti ne pourra pas faire l'économie de la lutte idéologique contre les préjugés des travailleurs dans les mouvements sociaux comme dans les syndicats. Dans les entreprises et dans les quartiers les militants communistes défendent la perspective socialiste, seule capable d'organiser la production et la démocratie vers la satisfaction générale. Le but est bien celui -là ! Réaliser l'unité des travailleurs tout en élevant le niveau de conscience moyen de manière suffisamment importante et générale pour faire triompher la révolution ! Nous n'entretenons pas l'illusion spontanéiste qu'une telle élévation puisse être le résultat automatique de la mobilisation de masse de plus en plus large.

Les mouvements tel Attac ou Respect en Angleterre sont les exemples que ces formations ont toujours été d’avantage les outils des sociaux-démocrates et des traîtres que des révolutionnaires. Il s'agit de donner aux travailleurs une organisation de combat prolétarien et non une formation visant à accueillir les orphelins de tous poils de la gauche. Car le Nouveau parti, loin de vouloir réunir sur la base d’un programme révolutionnaire, cherche précisément à se fondre dans la masse de ceux qui n’entendent rien au communisme et à la révolution.

Mais, pour les révolutionnaires, il ne s'agit pas de gagner des voix ou des places, ni même de chercher à augmenter son nombre d’adhérents passifs, mais bien de gagner des hommes et des femmes à l’engagement militant conscient pour la révolution socialiste. Un programme révolutionnaire ne se définit pas seulement en fonction des besoins immédiats de la période et de ce qui parait instantanément compréhensible ou acceptable par tous, mais aussi et avant tout par le projet révolutionnaire ! A la lumière d’un siècle et demi d’expérience du marxisme, le NPA sonne comme un pacte de non-agression idéologique avec le réformisme social-traître, le NPA rime avec l'abandon des enseignements communistes, et la LCR semble s’orienter vers une rupture définitive avec son propre héritage communiste et avec les analyses 1000 fois justifiées qu’elle faisait sienne, a propos de la faillite historique du réformisme, de la critique des bureaucraties staliniennes, et de la défense des principes léninistes... Bref, le NPA, pue la trahison à plein nez !

« Marcher séparément, frapper ensemble »

Telle était et reste la formule classique de la politique de front unique. Marcher séparément, c'est la conscience de notre propre existence en tant que militants communistes dans notre intelligence de la lutte des classes. Nous avons une idée précise de nos tâches, de nos perspectives pour le développement d'une société communiste sans classes. Nous avons clairement conscience que nos revendications ne pourront pas être satisfaites dans le cadre du capitalisme et que l'on ne décrète pas le communisme du jour au lendemain. Notre rôle est de mener à bien le combat pour débarrasser les travailleurs de leurs illusions électoralistes et réformistes. N'oublions pas que " l'idéologie dominante dans une société est l'idéologie de la classe dominante." C’est pour cela que nous intervenons en tant que militants communistes. Nous devons enseigner aux travailleurs qu'ils ne peuvent pas voir changer leurs conditions générales d'existence si les luttes ne tendent pas vers la perspective socialiste.

Mais nous devons aussi savoir « Frapper ensemble », c'est-à-dire mains dans la main avec d’autres organisations ouvrières dans le cadre d’un objectif de lutte. C'est notre compréhension dialectique du mouvement, notre capacité à agir sur lui, avec lui, qui en dépend. Nous ne sommes pas une secte coupée des réalités, luttant contre ses propres chimères. Nous n'abandonnons aucune lutte même élémentaire pour les revendications salariales, les augmentations de salaires, la baisse du temps de travail et autres améliorations des conditions de travail. C'est bien sur ce terrain que l'on fait valoir toute l'expérience historique du mouvement révolutionnaire communiste. Nous gardons dans les luttes notre identité communiste et nous savons bien que la conscience se modifie par l'action.

La LCR, loin de dresser le drapeau rouge, propose «un outil qui aide à la convergence des luttes en un mouvement d'ensemble." Mais que peut bien être cet outil si ce n’est un parti communiste révolutionnaire susceptible de porter le mouvement d'ensemble vers la révolution socialiste !

Mais si la LCR a totalement abandonné ses analyses et ne partage plus la compréhension marxiste de la période actuelle, alors après tout, qu’elle se dissolve à jamais dans le costume de l'idiot utile du capitalisme, exutoire inoffensif, éternel contestataire sans projet qu'est le NPA ! La relève communiste est déjà là !

NEYA

Publié dans Combat n°3 Octobre 2008