Municipales 2014

Tour d'horizon des guignols en présence

 

Les élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars. Le peuple est ainsi sollicité pour élire les listes municipales, qui elles-mêmes désigneront un maire, pour les 36 000 communes qui composent le pays.

Rappelons que les communes, sont les plus petites subdivisions administratives de l’Etat bourgeois, qu’elles gèrent des affaires administratives, les écoles et l’aménagement communal, mais qu’elles peuvent aussi -au-delà d’une certaine taille- assurer des fonctions régaliennes (police) et économiques. Ce sont donc les communes plus ou moins importantes qui intéressent les appareils politiques bourgeois, et leurs bandes de carriéristes. Et comme à chaque élection, il n’y aura rien de bon à attendre pour le peuple travailleur victime de la dictature du capital et donc du chômage de masse, des bas salaires, de l’austérité, etc. D’ailleurs, nous ne sommes pas tous dupes, ainsi, la moitié des électeurs ne se déplacera pas pour aller voter, et les autres se préoccupent avant toutes chose de l’augmentation des impôts locaux. Grosso modo, les municipales ne suscitent que de très modestes attentes pour un peuple qui vote davantage par conditionnement pavlovien et dogme «citoyen», qu’il ne le fait par réflexion et conviction.

Et pour cause, les municipales de mars 2014, ne seront qu’un échelon local de la démocratie bourgeoise en général, celle du pouvoir des riches. Elles ne concernent pas les travailleurs, si ce n’est en tant que ruse électorale destinée à créer l’illusion de leur participation et de leur consentement à leur propre domination. Mais dans le fond, nous autres, les hommes et les femmes du peuple ne décidons de rien du tout. Nous subissons une réalité imposée, une dictature capitaliste, avec son appareil d’Etat et ses politiciens dressés pour le servir.

Lors de ces élections, différentes factions politiciennes, ces écoles de professionnels du mensonge et de l’usurpation, sont amenées à se prêter à un infect jeu d’alliance pour s’accaparer les mairies et les postes de conseillers municipaux. De l’extrême droite à l’extrême gauche, les partis politiques collaborent et s’entendent pour soumettre la population à la farce électorale !

Le Front national, parti de la démagogie sécuritaire, xénophobe et nationaliste ne doit tromper personne. Derrière sa critique du «mondialisme», et les petits coups de pub dont il bénéficie de la part des Dieudonné, Soral  et d’une nouvelle extrême-droite à la mode, il est un parti du patronat, un ennemi historique de la classe salariée. Ce parti, sans doute sincèrement nostalgique de l’exploitation «maison» et paternaliste, est profondément libéral. Pour lui, l’Etat doit se limiter à ses fonctions régaliennes de répression et de contrôle aux frontières, et les capitalistes «nationaux» doivent pouvoir exploiter pratiquement sans limite une classe ouvrière dépouillée de protections juridiques, d’acquis sociaux et d’organisations de défense. C’est le projet social historique du Front national, et le vernis pseudo social de Marine Le Pen, ne change rien au caractère profondément réactionnaire de ce parti.

L’UMP, le MODEM, et autres partis libéraux classés à droite, sont les partis du libéralisme décomplexé. Représentants à peine masqué des intérêts et de l’idéologie du patronat, ces partis accompagnent souvent leur démagogie libérale par un arsenal d’idées réactionnaires pour tromper les franges conservatrices et acculturées de l’opinion.

Le Parti Socialiste, c’est le parti de l’alternance libérale et gouvernementale, l’élection d’Hollande aura au moins eu le mérite de le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte.  Fondamentalement similaire à l’UMP sur le plan économique, il se contente de masquer un peu son discours libéral et de l’accompagner par davantage de démagogie sociale. Il peut également compter sur ses alliés écolo-libéraux (Europe écologie-les Verts) et sociaux-libéraux (Front de gauche) pour rallier les aspirations progressistes de la population à sa cause électorale, ou encore pour museler les syndicats grâce à l’influence que garde le PCF en leur sein.

Europe écologie les Verts, c’est l’indéfectible allié libéral et opportuniste du Parti socialiste. Participant au gouvernement actuel, comme au précédent gouvernement de Jospin, les représentants des Verts ont toujours su ouvrir grand les fesses en même temps qu’ils s’assoient sur leurs principes écolos face aux intérêts supérieurs du CAC40 et de leur siège de ministre, député ou de maire. Ils ne sont pas issus et n’ont jamais fait partie du camp des travailleurs. Leur collaboration est donc illimitée. Ils ne sont -de fait- rien d’autre qu’une caution verte au pouvoir de l’argent roi.

Le Front de gauche, c’est un rassemblement social-démocrate en parole et social-libéral en acte. Composé d’un PCF qui n’a plus rien de communiste et d’un Parti de gauche incarné par le tribun démagogue Jean-Luc Mélenchon. Le Front de gauche c’est la représentation électorale de la nostalgie de la république bourgeoise d’après-guerre, le parti nécessaire pour maintenir l’espoir illusoire d’un progrès possible dans le cadre des institutions de l’Etat du Capital. Malgré ses pseudos critiques contre la politique libérale du gouvernement, le Front de gauche va multiplier les listes communes avec les partis gouvernementaux lors des élections municipales, le PCF avec le PS et le PG avec EELV.

L’extrême-gauche collaborationniste est incarnée par le NPA et le POI (parti ouvrier indépendant).

Le NPA, parti de la contestation sans principes, est en rupture complète avec ses références marxistes de la LCR d’antan. Au nom «de listes unitaires de gauche», le NPA participera à certaines listes municipales au côté du Front de gauche et même d’Europe-écologie-les Verts ! Quant au POI, parti de la stupidité théorique par excellence, et d’un trotskysme de défense de «la république une et indivisible» (!!?), il n’a guère davantage de principes. Ce courant politique, qui fournissait déjà ses bras pour le service d’ordre de Mitterrand dans les années quatre-vingt, n’hésitera pas à participer aux listes communes avec les partis bourgeois, comme avec le Parti de gauche à Laval, par exemple.

Dans ces élections municipales, la seule organisation électorale à présenter  des listes ouvrières indépendantes, bien que cela reste dans les limites d’une défense syndicale du «camp des travailleurs», c’est Lutte Ouvrière. LO explique, même si elle a déjà fait d’autre choix par le passé en matière électorale (alliances et soutiens aux partis bourgeois), que cette fois-ci elle choisissait de ne pas «participer aux listes dites d’union…qui sont toujours le moyen de faire taire ceux qui veulent s’exprimer au nom de la lutte des classes du prolétariat et de la perspective communiste». Ainsi, LO se soucis à présent «de la perte de repères de la classe ouvrière» et de la nécessité d’avancer «un programme de luttes…sans que celui-ci puisse être obscurci par des choix tactiques d’alliance» ! Et même si nous saluons cette indépendance, qui n’est pas qu’affaire de tactique, mais qui sanctionne aussi une volonté principielle à l’égard des intérêts ouvriers, nous posons la question : aussi ouvrières soient-elles, quel sens ont les candidatures LO aux élections bourgeoises, si ce n’est pour se référer de façon déformée, dogmatique et anachronique à quelques préceptes marxistes d’il y a un siècle ? En vérité ça n’a plus beaucoup de sens, et nous allons expliquer pourquoi.

Camarades, avec nous, boycottons activement la mascarade électorale !

Publié dans Combat n°34 Mars 2014