Lui le mitterrandiste, le sénateur et ancien ministre sous Jospin, joue le tribun afin de nous présenter un « vrai programme de Gauche » pour 2012. Il entend occuper la place laissée vacante par le PS et le PCF sur la gauche de l’échiquier électoral. Mais sa posture grandiloquente et son verbiage inconséquent ne doivent pas masquer au « bon sens » populaire les inepties de ses discours. Il parle haut et fort pour que la forme éclipse le fond. Mélenchon est un ancien dirigeant trotskiste ; il maîtrise donc parfaitement les concepts et en use aujourd’hui pour abuser une partie de la population. Une classe moyenne culpabilisée et désorientée ou une jeunesse social-démocrate pacifiée dont il espère bien rafler les voix. Alors il offre du rêve. Il noie ses analyses et son programme dans le populisme et la démagogie. Il évoque les élans populaires en Amérique latine, s’imagine en Raphael Correa ou Hugo Chavez au point d’en copier les slogans : « Qu’ils s’en aillent tous ! » et « Révolution Citoyenne ». Ca y est Mélenchon a trouvé sa ligne et son programme ! En bon patriote républicain il nous réinvente la révolution Bo-bourgeoise : Une révolution dépouillée de tout processus émancipateur et de la libération définitive de l’ordre établi. Une idée de la révolution plus proche de Cantona, que de Valès.

En réalité Mélenchon veut tout réformer : les institutions, la république, l’Europe, les marchés financiers, les banques, les médias, le FMI, l’ONU… Tout en nous promettant la transparence et le contrôle de la population sur toutes les affaires politiques et économiques. Mais quels moyens se donne-t-il pour y parvenir ? Les urnes. Tel une boule à facettes dans les discothèques il reflète la lumière que les médias veulent bien lui envoyer mais sans elle, du vent ! On nous a déjà fait le coup de la régulation des marchés et du partage des richesses. Mélenchon veut virer les patrons du CAC40 et les traders, soit, nous aussi. Mais par quoi veut-il les remplacer ?

Quand est-ce que les travailleurs ont leur mot à dire dans l’entreprise ? Quand est-ce que le peuple a son mot à dire au gouvernement ? Quand ils en sont les maîtres !

Ce n’est qu’en prenant le pouvoir et en remplaçant toutes les institutions de l’Etat bourgeois par les siennes, que la population sera en mesure de dicter ses choix et de les défendre.

Face à l’égoïsme particulier d’une poignée de possédants il ne suffira pas de demander gentiment d’arrêter d’engendrer des millions.

Pour imposer l’intérêt général il faudra que le peuple se dote d’un appareil puissant et déterminé capable d’assumer ce rôle en détruisant l’Etat bourgeois. Un appareil à son image entièrement tourné vers la satisfaction des besoins de la classe travailleuse et capable de la défendre en toutes circonstances. Il n’y a rien à sauver de ces institutions faites par et pour la bourgeoisie. La population doit y opposer son organisation faite par elle et pour elle. Seuls les communistes révolutionnaires, les marxistes-léninistes, ont une compréhension claire de ces enjeux. De cette tache de transition socialiste capable de nous livrer un monde débarrassé des diktats du Capital et de ses parasites.

Nous savons déjà que le capitalisme ne se réforme pas. D’autres auparavant se sont déjà employés à nous le faire croire. Moraliser le système voilà le véritable enjeu de cette clique de valets aux ordres, à laquelle appartient Mélenchon. Le Capital exige une déréglementation de tous les codes de travail du monde ainsi qu’une marchandisation libérale de tous les secteurs de la vie humaine. Pour attaquer ce Capital il faut abattre la propriété privée des grands moyens de production et des grands médias.

Sans une appropriation collective de ces machines, l’idée de les contrôler est un leurre, une duperie. Tout comme le retournement de veste de Mélenchon, car c’est bien lui qui, pendant des années au sein du PS, a défendu les mesures économiques et anti sociales dont il se fait le pourfendeur aujourd’hui. Il ne suffira pas d’augmenter les impôts et de rouvrir les services publics. Il est inconcevable de pourvoir orienter l’ONU et le FMI dans l’intérêt général. C’est leur travail de nous faire adhérer à ce projet, et il y a de l’argent à se faire. En ce moment toutes ces organisations vont s’affairer aux présidentielles de 2012. Il aimerait faire l’union à gauche –lui, le leader sans parti, l’homme providentiel- avec le PCF (le parti sans leader) et le NPA (le parti sans nom).

Mais ce « Front de Gauche » n’est que l’accrétion d’opportunistes auprès d’un parti moribond. Mélenchon refuse le terme de populisme car il « efface les différences entre la droite et la gauche ». Nous lui donnons raison. Le populisme est par nature une rhétorique vide qui, au Front National comme au Parti de Gauche, tente de capter toutes velléités de révolte au système capitaliste pour les livrer in fine à la bourgeoisie. C’est une carte de plus dans l’arnaque des tactiques électorales bourgeoises.

C’est parce que nous sommes porteurs d’une alternative réellement capable d’un dépassement révolutionnaire que nous faisons une distinction de classe dans nos organisations et leurs représentants. Voilà pourquoi nous ne sommes ni à gauche, ni à droite, nous sommes le peule, nous sommes Communistes !

Publié dans Combat n°18 Janvier/Février 2011