Grèves en Allemagne :

28h par semaine,

un rêve ou une réalité ?

 

Des centaines de milliers de salariés de l'industrie allemande ont lancé un mouvement de grève début février, à l'appel du syndicat IG Metall qui représente 4 millions de travailleurs. La grève a concerné des centaines d'entreprises de la métallurgie et de l'électronique, dont BMW, Mercedes et Siemens.

Le syndicat réclamait une hausse des salaires de 6% ainsi que la possibilité de passer temporairement à 28h de travail par semaine. Cependant le syndicat n’a pas osé revendiquer clairement une baisse générale du temps de travail. En effet cette revendication des « 28h » correspond à un temps partiel choisi dans la mesure où elle s’accompagne d’une baisse de revenu malgré une compensation demandée sous forme de prime.

Après plusieurs jours de grève, syndicat et patronat n’ont, de toute évidence, pas eu trop de mal à trouver un accord. La hausse de salaire sera finalement limitée à 4%. Quant aux 28h par semaine cela ne concernera qu’une petite partie des travailleurs (maximum 10% des effectifs) le tout étant contrebalancé par l’augmentation de la part de ceux qui devront dorénavant travailler 40h par semaine. En fin de compte il n’y aura pas de prime, les 28h seront payées 28h ! Il ne s’agit pas donc d’une baisse de temps de travail mais de la possibilité d’un temps partiel strict et momentané. Les capitalistes de l'industrie peuvent se frotter les mains, car ils n'ont pas cédé grand chose et ils ont gagné gros sur la flexibilité.

Ce que ce mouvement illustre c'est qu’il y a une volonté du prolétariat allemand de renouer avec la lutte pour tenter d’obtenir une amélioration des conditions de travail. Après des années de soumission à subir toujours plus de flexibilité et de précarité, sous prétexte de « crise », les salariés constatent que la prospérité de l’économie ne profite qu'à une minorité : la classe des bourgeois, ceux qui possèdent des capitaux. Le "modèle" allemand, 1ère économie d’Europe, tant vanté par les médias bourgeois, signifie en réalité des contrats précaires pour la moitié des travailleurs et des salaires de misère. Cependant, les travailleurs allemands ne peuvent compter que sur eux-mêmes ! Ils doivent s’émanciper de leurs représentants syndicaux corrompus pour réapprendre à défendre véritablement leurs revendications et leurs aspirations ! Sans peur ni complexe, ils doivent réapprendre à fonctionner comme des hommes !

L'histoire du capitalisme l’enseigne : ce ne sont ni les élections ni même un contexte économique favorable qui sont déterminants sur ces questions, mais uniquement le rapport de force entre les exploités et les exploiteurs ! La baisse du temps de travail salarié, sujet central de ce mouvement, est certes une avancée pour la société en général, et pour le travailleur en particulier... A condition qu'il n'y ait pas de perte de revenus et que cela lui permette de s'extirper de sa condition aliénante de producteur/consommateur ! Ce temps libre est nécessaire à l'épanouissement de l'être humain, à son développement intellectuel, culturel et physique, donc à sa réalisation en tant qu’individu.

Cependant, dans le système capitaliste, la bourgeoisie elle-même peut accepter une baisse du temps de travail. Mais elle ne l’accepte que sous certaines conditions et avec des contreparties avantageuses : intensification des cadences de travail, davantage de flexibilité, baisse de la rémunération, etc. Par ailleurs, la réduction du temps de travail est une nécessité vitale pour les travailleurs qui subissent parallèlement une augmentation du temps de trajets ou encore des contraintes administratives... La bourgeoisie en a conscience et elle doit aussi veiller à assurer la préservation d’un minimum de temps libre pour que les travailleurs puissent consommer. Pour elle, nos « loisirs » doivent ainsi être réduits à une consommation des plus abrutissantes... Ainsi, le mode d'appropriation capitaliste empêche par sa nature même l’épanouissement de l'immense majorité des travailleurs.

Pour en finir avec cette machine infernale, il faut se libérer de l’appropriation privée des richesses c’est-à-dire liquider le capitalisme. Seule la collectivisation des moyens de production et d’échanges, le projet de transformation socialiste, permettra de libérer l'humanité, à travers la répartition du travail entre tous et le progrès technique. Ce nouveau mode de production entrainera la fin du chômage et une baisse formidable du temps de travail à effectuer. La victoire de la révolution des travailleurs sonnera le glas de l'exploitation et des injustices sociales ; l'humanité libérée de la dictature du capital pourra enfin se consacrer pleinement à son épanouissement. Camarade, pour que le rêve devienne réalité, rejoins le combat révolutionnaire !                                                                 

LUCHO