Réfugiés :

L’impérialisme c’est la guerre et l’exploitation !

 

Le nombre de réfugiés dans le monde ne cesse de s’accroître, avec une explosion au cours de ces 30 dernières années. Les populations fuient des zones de conflits où s’affrontent armées étrangères, mercenaires, paramilitaires et chefs de bandes… 

Ces guerres sont le résultat de la lutte acharnée entre des alliances de différents groupes internationaux de bourgeois capitalistes pour le contrôle de « zones d’influences » toujours plus étendues. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis sont la nouvelle super puissance impérialiste imposant sa domination. Mais l’existence du bloc soviétique gênait ses aspirations hégémoniques et l’existence d’organisations ouvrières révolutionnaires fortes permettaient à de nombreux peuples d’exprimer leur volonté d’émancipation dans la lutte pour une réelle indépendance. Avec la chute de l’URSS et l’effondrement du mouvement révolutionnaire, le peuple orphelin n’a plus aucune force à opposer à la domination des organisations de la bourgeoisie. Elles maquillent toutes leurs intentions derrière des prétextes démocratiques, nationalistes/ethniques ou religieux pour manipuler l’opinion mais l’enjeu est bien le contrôle de « territoires économiques » pour le profit de sociétés capitalistes. Après chaque intervention occidentale viennent s’installer les multinationales sur les ruines des Etats morcelés (Yougoslavie, Libye…)

Sur les champs de batailles actuels s’affrontent des bandes financées et armées par telle ou telle puissance impérialiste. Le peuple est donc à chaque fois la victime des manœuvres de la bourgeoisie locale et internationale. Il est utile de rappeler à une partie de l’extrême-gauche française que les bombardements humanitaires, même contre Daesh, ça n’existe pas ! Que ce soit les Etats-Unis attaquant l’Irak, la France en Libye, ou maintenant la Russie sur la Syrie à chaque fois, c’est la population qui meure sous les bombes. Tous ces Etats qui prétendent combattre pour la liberté sont en réalité tous des assassins impérialistes. Et plus le capitalisme se développe plus la concurrence entre ces groupes de bourgeois est acharnée et brutale.

Aujourd’hui les syriens représentent le contingent le plus importants de réfugiés dans le monde avec 11,7 millions de déplacés, soit plus de la moitié de sa population ! Ce sont évidemment les pays limitrophes qui sont les premiers à recevoir ces expatriés. Ainsi, le Liban voisin héberge dans des conditions dramatiques l’équivalant du quart de sa population. Les pays industrialisés n’abritent eux, que 14% de l’ensemble des réfugiés. Frontex, la police européenne aux frontières estime que depuis janvier 710 000 migrants sont arrivés dans l’Union Européenne. L’Europe s’attend, pour cette année, à un million de demandes d’asiles, soit seulement 0,2% de sa population totale. On est bien loin du « raz de marée » ou de « l’invasion » décrits dans les discours alarmistes des chefs d’Etats, des médias et des associations.

Les conditions d’accueil, et tous les obstacles que doivent franchir les exilés sont les conséquences de choix politiques. Ainsi, lorsque les chefs d’Etats européens font mine de s’indigner devant les images d’un enfant mort sur une plage ce n’est que pure hypocrisie. Ce drame n’est pas une fatalité résultant d’une situation chaotique mais bien le fruit de l’action délibérée des Etats européens. Leurs mains sont tachées du sang de cet enfant et de celui de millions d’autres, de Palestine, d’Irak ou d’ailleurs dont on ne verra jamais les photos. Pour illustrer ce propos, rappelons qu’à la suite du naufrage d’une embarcation transportant 500 personnes au large de Lampedusa en octobre 2013, l’Italie met en place l’opération « Mare Nostrum » afin de secourir les migrants directement depuis les côtes libyennes. Après un an, alors que plus de 100 000 personnes ont été secourus, l’opération est remplacée par l’opération européenne « Triton », qui, avec trois fois moins de moyens, se contente de faire la chasse le long des frontières maritimes italiennes. Le résultat, 1 migrant sur 20 meurt en mer début 2015 contre 1/50 début 2014.

L’Europe a largement les moyens économiques de secourir et d’absorber démographiquement ces réfugiés. Mais politiquement cela mettrait la bourgeoisie européenne face à ces contradictions, elle qui sans cesse nous ressasse que c’est la crise et qu’il n’y a pas d’argent.

Comment héberger ces immigrés lorsque l’Etat organise la pénurie de logements et refuse de construire des logements sociaux ? Eh bien il préfère bâtir des centres de rétention qui ne sont, ni plus ni moins, que des camps de concentration.

Remarquez, la méthode n’est pas nouvelle, en 1936 les réfugiés espagnols en France avaient dû monter eux-mêmes leurs camps. Ces prisons sont le moyen le plus économique de parquer des hommes, des femmes et des enfants que l’on maintient à l’écart, en réserve. De plus il est facile de les privatiser et pomper l’argent public, comme en Suisse et en Autriche où pour accroitre leurs bénéfices des sociétés privés entassent les réfugiés dans des conditions inhumaines. L’autre solution pour l’Etat consiste à enrichir marchands de sommeil et pseudo hôtels avec l’argent de la collectivité. En dernier recours, il se décharge sur les individus via diverses associations avec l’apparition d’une campagne du style « adopte un réfugié » ! C’est la seule réponse possible des bobos du monde associatif : rassemblements pacifistes et solidarité individuelle. La charité entre pauvres, c’est foutre la paix aux riches pour renifler dans la niche du voisin et donc tirer le peuple dans son ensemble vers le bas !

Les Etats européens, eux, veulent bien être charitables mais uniquement si cela peut rapporter de l’argent à leurs maitres bourgeois ! Et s’ils n’ont pas à supporter le coût humain et social de l’accueil des réfugiés, cette arrivée massive de main d’œuvre totalement démunie est même une aubaine pour le patronat et la bourgeoisie ! L’attitude de l’Allemagne à ce sujet est éloquente et si 80% des réfugiés s’y retrouvent, ce n’est pas grâce à l’humanisme de Mme Merkel. L’Allemagne a dû prendre, suivant les directives du patronat, des mesures dans l’urgence afin de se rendre plus attractive. Le pays a un besoin massif d’immigrés, le taux de vieillissement y est le plus élevé d’Europe. Depuis des décennies, c'est uniquement grâce à l'immigration que l'Allemagne maintient un solde démographique positif. Avec ces réfugiés, plus misérables encore, c’est le jackpot pour la bourgeoisie allemande qui pourra facilement maintenir le taux de chômage qui lui convient et faire pression sur les salaires qui commençaient à peine à augmenter. De plus, les réfugiés qui parviennent en Europe sont souvent jeunes et possèdent un bon niveau d’éducation. Mais ce qui les attend ce sont des petits jobs mal payés, ce qui les attend c’est l’exploitation salariée !

Les politiques d’ouverture et de fermeture des frontières ne sont que de la poudre aux yeux, des postures pour manipuler les masses. L’expérience prouve que cela ne change rien si ce n’est rallonger et compliquer l’itinéraire des réfugiés. Par contre, cela enrichie quelques parasites locaux, du passeur au vendeur de bateaux pneumatique. 

La véritable fraternité ne se nourrit pas de déclarations de bonnes intentions mais de la lutte côte à côte face à un ennemi commun. Les problèmes qui se posent aux réfugiés sont exactement de même nature que ceux du prolétariat autochtone, trouver un hébergement et un travail dans un système qui organise la misère pour le profit de quelques-uns. D’ailleurs lorsque Hollande envoya des émissaires en Allemagne dans le but d’aller chercher un millier de réfugiés pour les réinstaller, c’est à peine s’il a pu en convaincre 600 de venir. Ces migrants pourtant démunis pointaient du doigt le chômage, la bureaucratie et l’insalubrité… des problèmes que les travailleurs français connaissent bien ! Notre ennemi est le même ! Que faire lorsque votre pays d’accueil annonce des bombardements aériens sur votre pays d’origine ? Combattre avec ses frères de classe dans les organisations du prolétariat qui partout veulent en finir avec la bourgeoisie et son Etat.

NEYA