Référendum en Grèce :

Le peuple dit non à l'austérité... Et après ?

 

Suite à l’échec de ses négociations avec l’Europe, Alexis Tsipras, premier ministre grec, a organisé le 5 juillet, un référendum. Il a ainsi invité les électeurs à se prononcer sur l’acceptation, ou non, d’un nouveau plan d’austérité. Les électeurs grecs ont exprimé, à 61%, leur refus de concéder de nouveaux sacrifices, malgré la menace d’une sortie de la zone euros.

C’est une bonne chose, le peuple grec est saigné depuis trop longtemps, au nom d’une dette qui lui est totalement étrangère. La logique infernale de la finance, à laquelle l’Etat grec a toujours adhéré, doit se heurter aux intérêts de la population. Alexis Tsipras, à la tête d’une coalition de gauche (SYRIZA) arrivée au pouvoir en janvier 2015, a pourtant déjà largement trahi ses promesses électorales. Il a, en effet, montré rapidement patte blanche en concédant à l’Europe de nouvelles mesures d’austérité, comme une nouvelle hausse de la TVA, des privatisations ou encore un recul sur le droit à la retraite. Mais ce n’est jamais assez. Tsipras s’est donc retrouvé dans l’obligation, pour garder un minimum de crédibilité auprès de la population, de limiter sa participation à l’étranglement programmé de la société grecque. C’est dans ce cadre qu’il a choisi de se protéger derrière l’expression référendaire de la volonté du peuple.

Mais le problème reste entier. Avec ou sans l’Europe, l’Etat bourgeois grec est irrémédiablement subordonné aux intérêts du capitalisme international. Ses dirigeants politiques, malgré leur étiquette de gauche, n’ont absolument pas l’intention d’y changer quoi que ce soit. C’est donc au prolétariat grec d’être suffisamment conscient, exigeant et organisé pour invalider toutes les fausses alternatives gouvernementales que lui proposera l’Etat. C’est ainsi qu’il dressera son propre objectif politique et qu’il travaillera à constituer un véritable pouvoir de renversement de l’ordre en place ! Les travailleurs grecs n’ont plus grand-chose à perdre, ils ont en revanche un monde à gagner ! Leur seule alternative à l’abattoir du capital, c’est de prendre eux-mêmes leur responsabilité ! Celle d’imposer un nouvel Etat révolutionnaire, ennemi de la bourgeoisie mondiale, et point d’appui pour le prolétariat international !

Publié dans Combat n°39 été 2015