Burkina Faso : 

Soulèvement populaire et après ? L'armée ?

 

Blaise Compaoré, président indétrônable du Burkina Faso depuis 27 ans, a enfin été contraint de dégager. Le peuple Burkinabé s'est soulevé en cette fin d'octobre, pour l'empêcher de changer la constitution afin de prolonger son "mandat" de 15 ans.

Des centaines de milliers de manifestants s'étaient rassemblés le 28 dans la capitale Ouagadougou, affrontant courageusement des forces de l'ordre impitoyables (plusieurs morts et de nombreux blessés). Au même moment, les syndicats avaient appelé à une grève générale. Révolté par des décennies d'oppression, le peuple a finalement obtenu la démission de l’infâme dictateur, mais tout reste encore à faire...

Durant son long règne, Compaoré fût le parfait soldat de la Francafrique, le pantin exemplaire toujours prêt à servir les intérêts des capitalistes occidentaux et à réprimer toute contestation. C'est lui qui, par un coup d'Etat militaire en 1987, avait mis fin au gouvernement progressiste d'influence marxiste de Thomas Sankara (assassiné lors de ce putsch). Le résultat est qu'aujourd'hui, le Burkina Faso est un des pays les plus pauvres du monde, qui voit ses richesses minières et agricoles exploitées contre une poignée de francs CFA. Par exemple : l'économie du coton, ressource vitale pour ce pays, est quasiment monopolisée par les semences OGM de Monsanto.

A l'heure actuelle, le pays est entre les mains de l'armée qui a imposé un colonel à la tête de l'Etat. L'armée espère gagner du temps en promettant une future "transition démocratique", mais les manifestations continuent, malgré une forte baisse du nombre de participants. Une partie des manifestants, les jeunes surtout, se mobilisent encore pour exiger un vrai changement. Mais la vieille clique politicienne et militaire ne lâchera pas si facilement le pouvoir. Les aspirations populaires pour plus de justice, d'égalité, de progrès social et démocratique se heurtent dores et déjà aux limites d'un Etat bourgeois "comprador", c’est-à-dire inféodé aux intérêts étrangers. La "communauté internationale" a condamné avec hypocrisie le nouveau pouvoir militaire alors que ce sont ces mêmes puissances qui ont tout fait pour maintenir des dictatures sanglantes en Afrique. Soyons sûr que le gouvernement d'Hollande usera de toute son influence pour que les intérêts des capitalistes français soient protégés. 

Soutenons la lutte du peuple burkinabé contre l'oppression et l'impérialisme !

Pouvoir au peuple !

LUCHO

Publié dans Combat n°37 Novembre 2014