Cette agression de l’Etat géorgien pro-américain fut l’occasion toute trouvée pour l’Etat russe de faire une démonstration de force militaire (en quelques jours l’armée géorgienne était écrasée) et d’asseoir un peu plus son influence sur la région, reconnaissant au passage l’indépendance de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie.

L’Ossétie du sud, est un petit Etat séparatiste que les pays occidentaux -pourtant prompts- à défendre le "droit des peuples à leur auto détermination" quand cela va dans le sens de leurs intérêts, refusent obstinément de reconnaître comme république indépendante depuis 1990. Une situation qui s'applique aussi à l'Abkhazie qui s'est déclarée indépendante de la Géorgie en 1992.

On le sait, le droit des peuples à l'auto détermination, est un concept à géométrie variable aussi bien dans la bouche des russes que des occidentaux. La guerre déclenchée par la Géorgie contre la population de l'Ossétie du Sud (des centaines de civils morts et autant de blessés, des milliers de bâtiments et maisons détruites, des milliers de déplacés) s'inscrit dans une stratégie globale des USA visant l'affaiblissement de la Russie et le remaniement -plus favorable aux occidentaux- d'une région clé en termes énergétiques et militaires, tout en cherchant à susciter une unité nationale géorgienne derrière un régime de plus en plus contesté par la population.

En effet, le régime de Saakachvili, porté au pouvoir par la "révolution des roses" en 2003 avec l'appui plus ou moins ouvert des USA, réprime sans vergogne toute contestation populaire de sa politique économique, sociale et militaire ainsi que toute opposition organisée. Car Saakachvili, bon élève de la Banque Mondiale et qui aime se faire interviewer flanqué du drapeau de l'U.E dont la Géorgie ne fait pas partie, fait aussi preuve -en même temps qu'il mène une politique économique et sociale en faveur de l'oligarchie géorgienne et du capital international- d'un alignement croissant aux cotés de l'impérialisme américain (avec plus de deux mille soldats, la Géorgie est à l'heure actuelle le quatrième contingent engagé en Irak).

Mais si L'alignement de la Géorgie aux cotés de Washington en Irak et la volonté de Saakachvili d'intégrer l'Otan l'amènent à multiplier par dix ses dépenses militaires depuis 2003 ( les portant à 428 millions d'euros ) et si, une partie de ce budget a servi à construire en 2007 une base militaire près d'Abkhazie et une autre à Gori à une demi-heure de la capitale de l'Ossétie du Sud, cet alignement ne se résume pas à cela: En effet, c'est depuis 1997 et son intégration au GUAM ( structure d'inspiration américaine et comprenant la Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan, et la Moldavie ) que la Géorgie épouse une stratégie américaine beaucoup plus large visant à "démocratiser et remodeler" une région riche en pétrole et en gaz .

Dans cette nouvelle aventure guerrière, sans doute encouragée et soutenue matériellement et humainement par les USA, l’Etat Géorgien se moque éperdument de l'avenir et du salut d’un peuple ossète, qui ne préoccupe pas non plus la Russie au-delà de ses propres intérêts.

Le peuple ossète ne trouvera rien à gagner dans ce conflit qui les dépasse, ni dans leur rattachement à l'une ou l'autre des puissances en guerre. Le droit à l'autodétermination du peuple Ossète ne prendra sens que s'il s'inscrit dans une lutte pour la construction du socialisme et son développement au-delà de ses frontières !

FERNANDO

Publié dans Combat n°3 Octobre 2008