Jeune, métis, classé politiquement « à gauche », c’est-à-dire démocrate, le peuple semble attendre beaucoup de Barack Obama. La presse de gauche bourgeoise, du monde entier, ne tarit pas d’éloges, allant même jusqu'à parler de « grand bouleversement », « d’une nouvelle ère »…etc.

Mais Barack Obama n’est qu’un représentant désigné par et pour la bourgeoisie américaine. Avec 640 millions de dollars de cadeaux des capitalistes pour sa campagne (contre 360 millions pour McCain), Obama est le bon élève choisi pour défendre les intérêts du capitalisme US, rien de plus et quelle que soit sa couleur de peau ! Le discours plus souple, moins va-t’en guerre que son prédécesseur, ne doit  en aucun cas masquer les projets et la volonté impérialiste du nouveau président, qui prévoit déjà -entre autres- un renforcement militaire en Afghanistan. Et face à la réalité américaine -de la misère des ghettos jusqu’à l’appauvrissement du prolétariat moyen- que propose Obama ? A-t-il prévu de revenir sur les reculs sociaux orchestrés par Bush et ses prédécesseurs ? Non, en dehors de quelques vagues promesses concernant l’assurance maladie, il n’a pas pris le moindre engagement progressiste pour répondre à l’urgence sociale d’un peuple américain  quasi-dépourvu de droits sociaux.…

En cette période de crise du capitalisme, il ne propose pas de solution miracle, et c’est toujours le peuple qui continuera à payer les pots cassés de la crise économique. Les gros investisseurs peuvent continuer à dormir tranquilles. Privatisation des profits, nationalisation des pertes… vous parlez d’une solution ! Les USA étant un pays néo-colonialiste pratiquant tout particulièrement l’ingérence, les peuples de tous les pays, notamment d’Amérique Latine, continueront à subir l’impérialisme de ce gendarme corrompu du Monde.

Sous Obama comme sous Bush père et fils, Clinton, Reagan et consorts, le régime américain reste un régime impérialiste, un état qui défend la grande bourgeoisie américaine et mondiale, qui s’enrichit en pillant les ressources planétaires, en créant des conflits, en exploitant de plus en plus les travailleurs. Produit du système et prisonnier de son cadre, Obama n’a ni la volonté, ni les marges de manœuvre pour améliorer de manière significative la vie de centaines millions d’américains. La rupture et la solution viendront du peuple, de mouvements populaires et ouvriers, de l’instauration d’un rapport de force favorable au prolétariat, par quelque moyen que ce soit : grandes grèves, guérillas…

Du point de vue des intérêts des peuples voulant s’émanciper de l’ingérence américaine et vivre dignement, Obama est un ennemi, à l’apparence plus sympathique certes, mais un ennemi néanmoins.

Publié dans Combat n°4 Novembre 2008