En effet le chef rebelle Nkunda a lancé une vaste offensive et se trouve aux portes de Goma. Comme souvent dans la région des grands lacs, ce conflit met en scène des questions de rivalités ethniques. Il faut rappeler que ce conflit s’inscrit dans la continuité des conflits des années 90 au Rwanda et au Burundi voisin dont le point d’orgue fut en 1994 le génocide de prés d’un million de personnes (Tutsis et Hutus modérés) tués par les extrémistes Hutus en quelques semaines (avec la complicité et la participation de l’Etat français dirigé par Mitterrand).

On peut comprendre les craintes de la population locale quand on sait que Nkunda, est soutenu par le Rwanda contrôlé par les Tutsis et Paul Kagamé. Nkunda justifie, en effet, sa conquête armée par la présence supposée de génocidaires Hutus dans la région. Le retrait de La force internationale de maintien de la paix forte de 7000 hommes dans le Nord Kivu sous l’égide des nations unies, laisse présager des actes de vengeance, si bien que les habitants de Goma en viennent à dresser des barricades pour empêcher la fuite des 800 casques bleus présents sur place.

Cela nous rappelle les conflits en ex-Yougoslavie ou les casques bleus étaient là uniquement pour donner bonne conscience aux grandes puissances. On commence à être habitués. Les casques bleus sont là pour veiller sur les intérêts des puissances capitalistes, mais pour la défense des populations, il n y a plus personne !

Le Congo renferme en effet des richesses énormes en minerais comme le cobalt, le cuivre mais c’est surtout les mines de diamants, comptant parmi les plus importantes du monde. On comprend mieux la raison pour laquelle c’est dans ce pays que se trouve le plus grand nombre de casques bleus. Une façade pour assurer aux puissances capitalistes et aux anciennes puissances coloniales le contrôle des différentes mines par le biais des multinationales, spoliant de fait le peuple congolais.

Face aux évènements qui se déroulent dans la région des grands lacs il convient d’avoir une vision plus large sur l’origine des évènements. En effet cette situation et le résultat de la politique coloniale que le Congo à subit au même titre que le reste de l’Afrique. Les populations locales n’ont jamais accepté les frontières arbitraires dessinées par les puissances coloniales au gré de leurs intérêts capitalistes. Lorsque les pays colonisés ont obtenu leur indépendance plusieurs ethnies ne se sont pas reconnues dans ces Etats créés de toutes pièces par les anciennes puissances coloniales qui parvinrent à utiliser les divisions ethniques, pour mieux s’assurer le pillage des ressources. C’est la raison pour laquelle depuis des années l’Afrique souffre de conflits apparentés à de simples questions de frontières et de rivalité entre ethnies.

Nous condamnons ces luttes fratricides qui ne servent que le pillage impérialiste et l’intérêt des marchands d’armes ! Les populations doivent impérativement dépasser leurs divisions ethniques et lutter pour une émancipation réelle, visant à chasser les pilleurs impérialistes et à s’approprier collectivement leurs richesses !

Publié dans Combat n°5 Décembre 2008