Défenseur de la cause palestinienne, antisioniste, anticolonialiste puis farouche opposant à l’aliénation de la souveraineté du peuple au régime du monarque chérifien, il a chèrement payé son combat pour la liberté et la cause des travailleurs du Maroc et d’ailleurs. Il rentre aux Jeunesses communistes marocaines à l’âge de 18 ans, puis rejoint le PCF lors de son arrivé en France en 1945. A son retour au Maroc, en 1949, il adhère au Parti communiste marocain et s’engage dans le combat pour l’indépendance, ce qui lui vaut d’être arrêté et emprisonné par les autorités françaises en 1950 pour ensuite être assigné à résidence en France jusqu’en 1956.

Diplômé, il rentre au Maroc où il assume plusieurs responsabilités au gouvernement ; une grande carrière administrative s’offre à lui mais en 1968 il est renvoyé pour avoir soutenu publiquement les mineurs en grève à Khouribga. Il quitte le parti communiste qu’il juge dogmatique et réformiste et crée avec d’autres militants marocains dont le poète A.Laabi, le mouvement marxiste-léniniste « Ilal Amam » (« en Avant ») en août 1970, devenu depuis « Ennahj Edimocrati ».

En Janvier 1972, il avait été arrêté une première fois et sauvagement torturé. Il est libéré sous la pression des luttes sociales qui se développaient dans tout le pays notamment chez les étudiants. Après plusieurs mois de clandestinité Abraham est à nouveau arrêté ainsi que quasiment toute la direction du mouvement « Ilal Amam » entre 1974 et 1976. Certains sont morts sous la torture d’autres sont devenu fous. Le Palais arrête également son fils et sa sœur qui décédera elle aussi sous la torture sans avoir révélé où il se cachait. Lors de son procès en 1977 il sera condamné à la prison à perpétuité pour finalement être libéré en 1991 à la suite d’une importante pression internationale et immédiatement expulsé.

En tant que communiste Abraham a milité partout où il se trouvait pour les travailleurs et le droit à l’autodétermination des peuples de Palestine comme du Sahara. Au Maroc il combattit la monarchie dont l’avènement résulté de « la rencontre entre l’ambition expansionniste d’oligarchies tribales et les noyaux de grands commerçants intéressés surtout au contrôle politico-militaire des routes transsahariennes de l’or et de leur débouché en Méditerranée. » Il laisse derrière lui des livres et une histoire dont la classe ouvrière marocaine pourra profiter dans son combat pour son émancipation.

La jeunesse -marocaine, mais aussi celle de tout le Maghreb- doit refuser l’obscurantisme dans lequel veut l’entraîner l’intégrisme religieux et doit comprendre que ses ennemis sont -avant tout- la bourgeoisie de leurs pays et les gouvernements qui la soutiennent.

Ilal Amam !

Publié dans Combat n°17 Décembre 2010