Mais c’est au début des années 70 que des organisations politiques autochtones apparaissent et rentrent en conflit armée, certaines soutenues par le Maroc, les Etats-Unis, la France. Et de l’autre coté, le Front Polisario, créé en 1973 pour lutter contre l'occupation espagnole puis, opposé au Maroc depuis 1976 et soutenu par l’Algérie, l’URSS et la Lybie. L’Etat marocain a fait main basse sur l’ensemble du Sahara Occidental en 1979 ; il faut dire que pour eux l’enjeu repose sur d’importants gisements de phosphates mais aussi de minerais et d’uranium. Le fond marin est également riche en ressources halieutiques et des prospections pétrolières sont actuellement en cours. Les indépendantistes sahraouis n’ont jamais accepté cette colonisation et mènent régulièrement des raids contre les forces marocaines. Dans les années 80, le Maroc a érigé un mur dans le désert avec bunkers, champs de mines et une logistique très coûteuse. Le Sahara est depuis coupé en deux, avec 20% du territoire à l’est abandonné au Front Polisario. Un millier  de sahraouis seraient actuellement emprisonnés sous le prétexte d’être des « terroristes islamiques ». Censures, tortures, exactions, mauvais traitements sont le lot quotidien pour la population. Les affrontements militaires prirent fin en 1991 suite à un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU. Un référendum sur le statut du territoire fut également envisagé, mais il fut reporté à plusieurs reprises et le 8 Novembre dernier une agression provocatrice marocaine fit plus d’une dizaine de morts et des milliers de blessés.

L’Etat marocain se comporte comme l’Etat israélien en Palestine c’est-à-dire en pays impérialiste. Durement frappée par le chômage (30%, alors que la moyenne nationale est de 9%), la population du Sahara vit très mal l’afflux de Marocains du Nord, à commencer par les fonctionnaires, favorisés par le gouvernement. Nous soutenons le droit à l'autodétermination nationale des sahraouis non comme un principe socialiste mais comme principe démocratique. Car nous savons que le mouvement international du prolétariat n’est à priori possible qu’entre nations indépendantes. Chaque peuple qui sort de sa léthargie pour participer aux intérêts généraux se heurte tout d’abord au fait de la soumission nationale. Partout où il trouve son intérêt financier ou politique, l’impérialisme frappe de son gant de fer suscitant tensions, guerres civiles et fratricides, engendre nationalisme et populisme, pour maintenir la partition et sa domination.

Qui veut d’une fédération au Maghreb ? Dans les Balkans ? En Israël-Palestine ? Qui veut d’une Afrique unie ? Les communistes, autrement dit, les travailleurs conscients que leurs intérêts ne seront jamais satisfaits par les Etats bourgeois.

Les principes authentiquement démocratiques ne sont soutenus et réalisés à notre époque que par le prolétariat révolutionnaire ; c'est pour cette raison même qu'ils sont aussi étroitement entrelacés avec les tâches socialistes.

Publié dans Combat n°17 Décembre 2010