Otis, sans pitié pour les travailleurs

 

« En ce moment, il n'y a que le directeur et un contremaître au boulot…» déclarait, début juin, le délégué CGT d’Otis. En effet, les travailleurs de cette entreprise, n°1 mondial de l’ascenseur, sont en grève. Et l’intersyndicale de remporter un premier succès avec 70% de grévistes : « C'est la première fois qu'elle a autant d'ampleur… Et pour la première fois, elle touche tous les métiers ».

Les raisons de la colère sont malheureusement banales : en décembre dernier, la direction annonce la suppression de 170 postes en France, ce qui porte en 6 ans le nombre de suppressions d’emplois à 1 200 sur les 5 900 initiaux. De plus, lors des dernières négociations annuelles obligatoires (NAO), la direction a refusé  de suivre l’inflation en enregistrant un significatif 0% d’augmentation sur les salaires. Ce qui équivaut à une baisse de revenu nette pour les travailleurs.

Pourtant Otis fait des profits, mais préfère naturellement les redistribuer sous forme de bonus aux actionnaires plutôt que d’augmenter les salaires. Cette entreprise a aussi perçu de la part de l’Etat 7,2 millions d’euros de crédits impôts compétitivité emploi. Et, en guise d’ultime doigt d’honneur aux travailleurs, Louis Chennevert, le PDG du groupe, s’en va à 57 ans avec une retraite chapeau de 172 millions de dollars ! Les camarades ont les meilleurs raisons d’être en colère !

Mais sans doute que les politiciens et les médias préféreront nous faire croire que les habitants des tours vont être pris en otage par ces grévistes « terroristes » ! Ce qui est sûre, c’est qu’étant donné l’arrogance de la direction, il faudra une grève dure, bloquante et déterminée pour espérer obtenir une amélioration des salaires et des conditions de travail.

Publié dans Combat n°39 été 2015