Schneider en lutte !

 

Jeudi 16 Octobre la direction de Schneider Electric révélait son intention de supprimer plus de 100 emplois sur les 166 du site de Fabrègues dans le Languedoc- Roussillon. Des militants de l’A.R.M sont donc intervenus rapidement pour préparer, avec les syndicalistes locaux, la défense des travailleurs menacés.

Ce plan social, est le résultat du travail conjoint de la bourgeoisie et de son Etat.

En 2009, le gouvernement imposait  à Areva de se séparer de sa branche Transmission et Distribution, une filiale très rentable qui regroupait plusieurs sites de production de transformateurs basse, moyenne et haute tension, à travers la France. L’Etat trouvait  alors un accord avec les entreprises françaises Alstom et Schneider Electric pour se partager le gâteau au nez et à la barbe d’autres groupes internationaux. Ainsi, pour un prix bien inférieur à leurs valeurs réelles, les sites étaient redistribués entre les deux groupes. Alstom récupérait la haute tension et Schneider se voyait attribué la basse et moyenne tension. Tous deux consolidaient ainsi sérieusement leur position. Mais là où, les autres groupes internationaux (Général Electric et Toshiba) avaient un intérêt à maintenir la production des sites, il s’agissait, pour un groupe comme Schneider, de contrôler la production, les prix et de barrer la route à la concurrence internationale. Ainsi, c’était prévisible, les établissements se retrouvent sacrifiés les uns après les autres sur l’autel d’un taux de rentabilité à deux chiffres.

Aux alentours de Montpellier, près de 1000 salariés, travaillaient dans les 3 usines Areva du coin : La Pompignane (350 emplois), Fabrègues (300) et Lattes (300). Depuis le rachat par Schneider, les licenciements s’enchainent. La Pompignane a fermé l’année dernière, aujourd’hui, la direction annonce la liquidation du site de Fabrègues ! Puis viendra le tour de Lattes ! L’argument avancé est toujours le même : une soit disant baisse des bénéfices. Mais de qui se moque-t-on ! La vérité c’est que Schneider Electric en 2013 réalise 1,9 milliards de bénéfices (+4%) dont 1,2 milliards sont versés aux actionnaires ! Depuis le départ, le plan de Schneider Electric est de liquider les anciens sites Areva que le gouvernement lui a offert. Si l’Etat s’est positionné en victime du capitalisme international quand Arcelor-Mittal a décidé de fermer les hauts-fourneaux à Gandrange et Florange, il est ici directement responsable de la destruction de l’emploi ! Il s’agit pour l’Etat d’offrir toujours plus de secteurs aux appétits des groupes capitalistes français, même si cela doit se faire au détriment des travailleurs et de leurs familles. Après avoir développé les grandes entreprises industrielles françaises avec l’argent public, l’Etat les brade au profit d’une poignée d’actionnaires, de la même façon qu’il privatise les services publics et vend les réseaux routiers !

Cet Etat ne peut plus cacher son rôle au service de la bourgeoisie. Le contraindre à sauver les emplois se serait l’obliger à reprendre pour le compte de la population et des travailleurs des secteurs toujours plus larges de l’économie. Et c’est la seule voie à suivre ! C’est en luttant pour imposer la nationalisation des sites de production que les travailleurs peuvent sauver leurs emplois ! En défendant l’impératif d’une nationalisation d’intérêt public, nous dévoilons la seule solution viable, et nous contribuerons, au moins, au passage, à mettre en lumière l’inconséquence criminelle de l’Etat bourgeois ! Mais n’ayons aucune illusion, il faudra une mobilisation massive pour arracher les sites de production aux griffes des capitalistes ! Et bien souvent, sans jamais pour autant perdre le cap de l’appropriation sociale des entreprises, il faudra nous résoudre à arracher le maximum de fric aux patrons licencieurs ! Camarade, préparons-nous au pire, mais luttons pour le meilleur ! Nous n’avons plus rien à perdre, mais nous avons beaucoup à gagner !

NEYA

Publié dans Combat n°37 Novembre 2014

A VOIR :

TRACT SCHNEIDER en PDF

Schneider : Quand la determination de classe oblige la justice à montrer son vrai visage !