Grève à la SNCM : la lutte continue!

 

Les travailleurs de la SNCM étaient en grève du 26 mars au 1er avril. Ce mouvement faisait suite à l'annonce de Véolia de vouloir se désengager de la compagnie, ce qui signifierait un dépôt de bilan pur et simple.

2 600 emplois étaient donc directement menacés. Alors pour résister à ce projet de sabotage, les camarades ont été nombreux à faire grève. C'est avec leur esprit combatif habituel qu'ils ont imposé leurs revendications : ils n'ont pas hésité à bloquer les navires sur les quais et à perturber les croisières d'autres compagnies privées. La SNCM assurait, jusqu'à son ouverture à la concurrence en 2006, un service public essentiel pour le transport de passagers et de marchandises de la Corse et de l'Afrique du Nord au continent.

Les salariés sont bien conscients de la stratégie de privatisation par étape utilisée par l'Etat, les actionnaires privés et l'Union Européenne. Quand l'Etat, actionnaire à 25 %, cherche à se débarrasser discrètement de sa part, Transdev (détenu par Véolia et la Caisse des Dépôts à 50/50), l'actionnaire majoritaire, déclare ouvertement vouloir lâcher l'affaire. De plus les bureaucrates de Bruxelles menacent d'infliger une lourde amende (440 millions d'euros) car pour ces chantres du libéralisme, les aides d'Etats sont une « concurrence déloyale » ! Bref, ils utilisent tous les subterfuges possibles pour couler la SNCM et ses subventions publiques, afin d’offrir le marché sur un plateau aux concurrents privés (notamment la Corsica Ferries).

Malgré la dégradation constante des conditions salariales en général, les employés de la SNCM sont parvenus jusque-là, grâce à leurs nombreuses luttes, à préserver leurs acquis. Contrairement à leurs collègues italiens ou roumains de la Corsica qui subissent une plus grave précarité et sont payés au lance-pierre.

La grève s'est donc conclue par une victoire des travailleurs après que le PDG de Transdev se soit engagé à ne pas demander le dépôt de bilan. Les camarades de la SNCM nous ont une fois de plus montré qu'en étant organisés et déterminés dans la lutte, qu’une issue positive est possible. A ceux qui se frottaient déjà les mains en croyant enterrer la SNCM, les camarades marins leur ont adressé un bras d'honneur digne de ce nom. Et s'ils s'attirent à chaque fois la foudre des médias bourgeois, c'est parce qu'ils ne lâchent rien pour défendre leurs droits et leurs emplois face à l'avidité des actionnaires.

Ce n'est qu'à travers la lutte, que nous tous, la classe salariée, sortirons enfin de nos conditions d'esclaves à la merci du capital. Soyons unis contre les pirates capitalistes, faisons déferler une vague rouge !

LUCHO

Publié dans Combat n°35 ETE 2014