Hulot, un usurpateur vert avec un business à préserver

 

Le présentateur vedette quitte le gouvernement, sans nous épargner, au passage, un de ces discours catastrophistes qui fait son beurre depuis des années. C'est toute l'hypocrisie d'une démocratie bourgeoise contrainte à de plus en plus grossières gesticulations qui s’étalent sans honte.

Si Hulot n’hésite pas à tirer un bilan désastreux c'est qu’il évoque davantage le foutoir engendré par le capitalisme que sa propre action. « Je n'ai pas su convaincre » répète-t-il, sans jamais préciser de qui il parle : du gouvernement ou de la bourse ? Le gouvernement, il en défend le 1er ministre et le président « d’une affection et d’une loyauté absolues » dénonçant « la pression » sur leurs épaules. La bourse, l'animateur, lui doit tout !  Dès 93, les méchants capitalistes de TF1 et de L’Oréal signent un contrat pour utiliser la licence Ushuaia -à son insu dira-t-il- et voilà Calimero millionnaire malgré lui ! Loin de se laisser abattre Hulot en profite pour monter sa fondation : « pour la nature et l'homme ». Depuis il s'emploie à faire fructifier sa petite entreprise, prêchant ses discours alarmistes afin d’inculquer la peur tout en permettant à ses amis du CAC 40 de faire amande honorable. EDF verse 100 000e par an à la fondation Hulot, idem pour L’Oréal. Veolia lâche 200 000e par an. L’écologie ça rapporte ! Comment alors le croire sincère quand il s'interroge « peut-être n'ai-je pas les codes ? »

Bien au contraire il les manie subtilement. Hulot sème la confusion car s'il pose les bonnes questions « qui dirige ? qui gouverne ? », il est le mieux placé pour y répondre. C'est là que le ministre-millionnaire se moque du monde, il n'y a pas plus de « ministère impossible » que de ministre honnête. Il n’y a que des ministres de la bourgeoisie dans un gouvernement bourgeois. Le reste n'est qu'illusion. Qui dirige ? La bourgeoisie mec ! Celle-là même qui a façonné Hulot afin qu’il devienne leur pantin vert. « Je suis seul… où sont les troupes ? Qui ai-je derrière moi ? » martèle-t-il. Encore la bourgeoisie mec ! Tu es leur champion et tu réponds à leurs ordres, comme tu l'as fait pendant plus d'un an au service de ce gouvernement.

Sa fiscalité écologique n'est qu'une pompe à fric. De l'augmentation de la taxe carbone dont le kérosène aérien est exempté et dont les transporteurs routiers sont partiellement remboursés, au remplacement du diesel, en passant par les crédits à la rénovation, tout est organisé dans le sens des intérêts de ses potes de la bourgeoisie. Pour les pauvres, c'est augmentation des prix du gaz et de l’électricité, des loyers, du carburant, des transports en commun, quand ils ne nous interdisent pas de rouler ou ne ferment pas les lignes existantes.

Son concept d’économie circulaire est tout aussi bidon. L’idée d'interdire les produits plastiques à usage unique est naturel mais quand elle se limite à la stigmatisation des consommateurs tout en avouant l'impossibilité de contraindre les industriels ou les multinationales de la restauration rapide, difficile de penser que cela part d'un bon sentiment. Quant au plan de soutien d'un milliard sur 5 ans pour subventionner des initiatives locales, c'est précisément organiser le désordre en dépouillant les pouvoirs publics de leurs prérogatives pour livrer les solutions du problème à d’hypothétiques initiatives privées. Assurément Hulot ne bâtit que sa fortune dans le monde de l’écologie.

Sa critique du système ne dépasse pas celle de l’économie « productiviste » ou du « modèle économique marchand ». Fort de ces analyses, après avoir toujours refusé d’intégrer un gouvernement il entre dans celui d'un banquier ! Sa fondation n'est pas une organisation scientifique ou même militante mais un ramassis de bourgeois payé par les pires crapules du CAC 40 pour se donner bonne conscience.

Son pathétique coup de théâtre intervient au lendemain d'une rencontre avec les représentants des chasseurs. L'occasion de pointer du doigt les lobbyistes, une espèce de parasite grassement payé pour défendre les intérêts de groupes de bourgeois. Activité au cœur de l’action de sa fondation ! Mais Hulot n’a pas posé sa démission quand ses maîtres lui ont demandé de reporter l’échéance de la loi de transition énergétique de Hollande visant la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Et quand Macron refuse d’inscrire la sortie du glyphosate dans le projet de loi sur agriculture et alimentation, il présente comme une victoire d’en avoir obtenu la promesse de la part de ceux-là même qui refusent de s’y engager formellement !  « Faisons un peu confiance » disait alors le porte-parole du gouvernement, et à la question de savoir si Hulot subissait la pression du lobby de l'industrie des pesticides, le député écolo Yannick Jadot répondait : « il est le lobby. »

D’ailleurs les 1er à publier une tribune qui tente de donner à cette démission insignifiante une portée prophétique, sont sa fondation à la tête d’un collectif d’association. La réalité c’est que sa démission ne changera rien, comme sa nomination ne portait aucun espoir. En effet Hulot ne peut pas défendre un développement harmonieux de l’Homme et de la nature et, en même temps manger à la gamelle des puissants. Mais au-delà des individus ou des lobbys ce n’est pas sur la bourgeoisie, son gouvernement, ses institutions et associations qu’il faut compter pour résoudre les problèmes qu’elle engendre : chômage, exploitation, gaspillage, catastrophes... Pour permettre à tous de vivre dignement, de développer une agriculture saine, dans un monde préservé, il faut réorganiser, planifier la production et la distribution afin de l’orienter vers la satisfaction des producteurs et des consommateurs. Pour réorienter la production il faut arracher le pouvoir à toutes ses multinationales car personne ne peut les contraindre. Pour réunir producteur et consommateur dans une même communauté d’intérêt il faut abolir la propriété privée de tous les moyens de production et d’échange. Il faut le communisme !