Premièrement, les catégories modestes du prolétariat, les sans emploi, les ouvriers et employés ainsi que les jeunes générations, se sont majoritairement abstenues d’aller voter. Si cette abstention traduit un certain désintérêt pour la question politique, nous disons qu’elle est également le signe d’une perte de confiance envers des politiciens bourgeois, incapables de faire changer la réalité sociale.

Deuxièmement, la politique ouvertement libérale du gouvernement, maintenant que la démagogie s’essouffle, devient très majoritairement impopulaire.

Troisièmement, le Front National, c'est-à-dire l’extrême droite bourgeoise-nationaliste, continue malheureusement à représenter l’alternative électorale à la droite et à la gauche bourgeoise de gouvernement.

Enfin, rangé derrière le PS, le « Front de Gauche » et « Europe Ecologie », constituent une nouvelle gauche plurielle, tout aussi bourgeoise et libérale que celle qui privatisait en masse sous le gouvernement Jospin. Au final, ces élections n’auront servi qu’à redessiner le vieux schéma d’une alternance bourgeoise incapable de régler quoi que ce soit au mal de notre société.

Les conseils régionaux resteront donc à gauche et aucun changement significatif n’aura lieu. Les régions, qu’elles soient à gauche ou à droite, continueront donc à « redistribuer » aux capitalistes l’argent du contribuable, plutôt que d’assurer le financement de certaines mesures d’urgence telles que -par exemple- la gratuité des transports en commun…

Camarades, la raison pour laquelle nos politiciens aident les riches à s’engraisser sur le dos du peuple, n’est ni liée à la couleur politique, ni liée à la personnalité des candidats, mais bien à la logique d’un système que les élections cherchent à cautionner ! Comprenons bien que nous n’avons pas à faire à d’honnêtes candidats qui cherchent à poser et à résoudre les vraies questions politiques ! Nous avons à faire -au contraire- à des professionnels du système, des experts politiques de la tromperie ! Entendez nos politiciens ! Dans chacun de leur discours, ils parlent d’ « entreprises » et d’ « économie » sans en préciser la nature capitaliste. Ils parlent « d’encourager l’investissement », sans expliquer qu’il s’agit là -très clairement- d’une manière d’enrichir encore d’avantage les riches en taxant les classes populaires ! Et effectivement, le fait de subventionner sur nos impôts les capitalistes, le fait de compromettre les acquis sociaux et les aides dont bénéficie encore une partie de la population, le fait –encore- de rendre la main d’œuvre de plus en plus précaire et moins coûteuse, sont autant de manières de dire aux riches « investisseurs »: « Venez dans nos régions , venez dans nos pays, il fait bon d’exploiter le salarié par ici, il y a des gros profits a la clé ! ». Mais ce que nos parasites de politiciens omettent de préciser, c’est que la classe des salariés, plus nombreuses et plus productive que jamais, a largement de quoi constituer seul un capital public capable de répondre à l’ensemble des besoins de la population. En nationalisant les entreprises et en concentrant les capitaux dans une banque publique, nous pouvons très largement constituer un fond d’investissement susceptible de résoudre rapidement l’ensemble des grands problèmes de société. Mais nos politiciens ne disent mot de cette possibilité. Et pourquoi cachent-ils tous cette alternative, qu’on appelle le socialisme ? Eh bien parce-que celle-ci impliquerait d’arracher les structures économiques et leur capital aux griffes des capitalistes ! Et cette action expropriatrice, ce n’est sûrement pas les institutions démocratiques de l’État bourgeois qui veulent et peuvent la réaliser. Ce n’est pas les serviteurs politiques du système capitaliste qui iront contre le capitalisme ! Les élections organisées par les institutions de l’État, n’ont absolument pas vocation à contester le sacro-saint droit constitutionnel à la propriété capitaliste !

En réalité camarades, pour que les sociétés humaines prennent enfin en main leur destin, pour qu’elles maîtrisent leur économie, et déterminent librement leurs investissements en fonction des besoins des populations, il faudra qu’une révolution brise et renverse l’État de la domination bourgeoise. Et il faut pour que la révolution salariée gagne, bâtir dès maintenant notre propre pouvoir démocratique, nos propres institutions de contrôle et de décision populaire ! Le pouvoir démocratique du peuple salarié, c’est-à-dire du prolétariat, se fonde sur nos propres assemblés générales, celles qui existent dès aujourd’hui partout où les travailleurs luttent, partout où le peuple se lève contre une injustice. C’est cela notre démocratie à nous autres hommes et femmes des classes populaires, et notre pouvoir démocratique s’oppose à la démocratie parlementaire de la bourgeoisie ! La bourgeoisie nous invite à voter pour la démagogie de tel ou tel candidat à sa botte, nous disons -nous autres communistes- qu’il faut débattre des vraies questions avant de décider, nous disons qu’il faut pouvoir révoquer à tout moment nos représentants, nous disons que ceux-là ne doivent pas être payés d’avantage qu’un autre salarié, nous disons qu’il faut contrôler l’économie pour pouvoir réellement décider du sort de la société, nous disons -en un mot- que notre démocratie c’est le pouvoir au peuple conscient et actif ! Notre démocratie, c’est celle de la lutte pour la socialisation révolutionnaire des entreprises, c’est celle de la lutte pour la conquête insurrectionnelle du pouvoir politique, c’est celle de la construction d’une société sans classes et sans État ! 

Camarades, avec nous pour un pouvoir rouge !

Publié dans Combat n°12 Avril 2010