Le mois d’octobre, pendant des semaines, l’avant-garde ouvrière des raffineries, des ports, des transports, des éboueurs, a su dépasser la frilosité criminelle de l’intersyndicale pour engager un véritable bras de fer avec le pouvoir !  Malheureusement, nos efforts et nos sacrifices n’ont pas suffi, et l’arrivée de certaines catégories de travailleurs dans la lutte a été trop tardive pour faire plier le gouvernement.

Aujourd’hui l’Intersyndicale, qui ne souhaite que retrouver le confort de la table de négociations avec le patronat, renonce à la poursuite de la lutte, à la préparation d’une nouvelle épreuve de force, plus intense et mieux coordonnée. Elle n’a rien d’autre à proposer qu’une énième journée de mobilisation d’ici la fin du mois de novembre… Autant dire que ces traîtres bureaucrates à la tête des principaux syndicats ont  déjà accepté la défaite !

La réforme est passé, la loi votée et promulguée et tous ceux et celles qui ont consenti des gros sacrifices et enduré la fatigue pendant plusieurs semaines n’acceptent pas l’idée de s’être battus pour rien !

Quant aux organisations de lutte créées au cours du mouvement, (AG interprofessionnelles, AG étudiantes et lycéennes, Comités d’Action, Comités de Mobilisation),  si elles ont été trop peu nombreuses et surtout -faute d’organisation et de coordination au niveau national- assez inefficaces dans la mise en place d’actions d’agitation, d’occupations et de blocages, elles ont cependant constitué  des embryons d’organisation par la base.

Les Comités d’Action que nous avons appelé à créer devaient être le fer de lance de la lutte. Car ils s’avèrent être -entre les mains du peuple- une arme de combat redoutable et susceptible d’être actionnée et contrôlée directement par lui.

Le pouvoir en place, le patronat, la bourgeoisie et les bureaucrates réformistes et opportunistes en ont conscience et le redoutent : les travailleurs, les chômeurs, les étudiants et les habitants des cités organisés sont capables -quand cela devient nécessaire- de passer par-dessus les directions syndicales et politiques qui ne remplissent pas leur rôle dans la conduction du mouvement, ou qui essayent de le freiner !

Alors, ces constats doivent amener tous les révolutionnaires, tous ceux qui veulent abattre -une fois pour toutes- le système qui les exploite, à se poser la question suivante : Que faire ?

Que faire dès aujourd’hui pour préparer les combats suivants ? Que faire, dès maintenant, pour contrer victorieusement les prochains coups du patronat et de son appareil d’Etat ?

Devons-nous faire encore confiance aux directions syndicales toujours promptes à négocier -au rabais- les aspirations des travailleurs ? Devons-nous nous fier naïvement aux opportunistes qui ne cessent de faire le jeu de la bourgeoisie ? Devons-nous prêter une oreille attentive aux réformistes de tout poil qui ne cessent d’appeler à la collaboration des classes et de bercer le peuple d’illusions électoralistes ? Devons-nous attendre à ce que -par magie- les conditions deviennent « mûres » pour passer à l’offensive ?

Non, camarades ! Les conditions préalables à l’insurrection, à la prise du pouvoir et à la construction d’une société socialiste  nous devons les créer ! Elles ne surgiront pas spontanément  -et quand bien même cela viendrait à se produire- elles seraient -encore une fois- vouées à l’échec sans une organisation et une conduction politique clairement définies !

Non ! Sachons tirer les enseignements, non seulement de cette bataille perdue, mais aussi des amorces d’organisation que les travailleurs ont  été amenés à mettre sur pieds. C’est à cette condition seulement que nous nous donnerons les moyens de la victoire !

Nous devons prendre d’ores et déjà notre destin en main en nous fixant, dès le départ, des objectifs révolutionnaires ! Pour les luttes à venir, de cette défaite tirons la leçon essentielle : dans la lutte contre la bourgeoisie et son appareil d’Etat, seul un parti révolutionnaire peut nous conduire à la victoire sur notre ennemi de classe !

Pour la révolution ! Pour le socialisme ! Organisons-nous !

FERNANDO

Publié dans Combat n°16 Novembre 2010