En France, l’année 2011 débute avec sa coutumière augmentation des prix : médicaments dé- remboursés, passage à 23 euros des consultations médicales, hausse des prix des assurances automobile et d’habitation, flambée des prix du carburant, sans parler de la redevance audiovisuelle (+2euros), ou des offres d’accès à internet, téléphone et télévision, désormais taxées à 19,6 % (au lieu de 5,5%). Les prix augmentent mais les salaires, eux, stagnent. La défaite du mouvement contre le recul de l’âge légal du départ à la retraite en fin d’année dernière, laisse la porte ouverte aux nombreuses attaques que le pouvoir d’Etat prépare contre tout ce qui est utile à la population : la santé, l’éducation, le logement, les transports, les conditions de travail, l’accès à l’emploi et aux produits de première nécessité, tous les pans de la société sont graduellement dégradés au nom de « déficits » fabriqués de toutes pièces par nos gouvernants, ou au nom d’une « compétitivité » qui n’est rien d’autre que le droit des riches propriétaires à s’enrichir encore un peu plus sur le dos de la population travailleuse.

Dans le monde, c’est une nouvelle crise alimentaire qui guette les populations de nombreux pays. En effet, depuis le mois d’août dernier, on assiste à une envolée des prix, en particulier ceux des céréales (blé et maïs en tête). Nous sommes pourtant très loin de la pénurie et les stocks alimentaires pourraient largement répondre aux nécessités des populations si l’économie mondiale était rationnelle, c’est-à-dire orientée vers la satisfaction des populations.

Mais il n’en n’est rien, et dans notre économie -où seule la demande solvable compte et génère du profit- plus d’un milliard d’habitants souffre des difficultés alimentaires. Dans ce cadre, les aléas climatiques récents (sécheresse en Russie, inondation en Australie…) qui préfigurent de mauvaises récoltes, poussent les spéculateurs capitalistes à organiser artificiellement une pénurie pour vendre plus cher leur marchandise. Actuellement, un certain nombre de pays tels que le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad ou encore la Mauritanie, seraient directement menacés par cette nouvelle famine orchestrée par le capitalisme mondial.

Ces mécanismes de spéculation et l’augmentation des prix qui en résulte sont d’ailleurs la raison principale aux révoltes populaires des tunisiens et des algériens qui a -dans le cas de la Tunisie-déjà abouti à la fuite de Ben Ali.

 Mais, le vent de révolte que portent les revendications populaires du Maghreb doit trouver sa finalité politique. Les peuples de la région doivent comprendre, à l’instar du peuple tunisien poursuivant sa lutte contre le gouvernement provisoire, que le départ d’un ou de plusieurs dirigeants ne signifie pas encore que l’état des choses va changer. Ben Ali est parti, mais la clique dirigeante liée à son régime reste aux commandes d’un Etat policier fondamentalement destiné à servir l’intérêt des riches contre le peuple. Le vent de la révolte populaire est capable de secouer l’Etat et de balayer des têtes, mais il faut une tempête révolutionnaire consciente de son objectif politique pour véritablement changer l’état des choses.

Car les peuples de Tunisie, d’Algérie et d’ailleurs, sont très loin de limiter leurs revendications à quelques « libertés démocratiques » comme le voudrait l’ensemble des dirigeants du monde capitaliste. Non, les peuples du Maghreb et d’ailleurs, placent au centre de leurs revendications les questions sociales fondamentales. Mais ces questions-là, il n’y a pas de « processus démocratique » dans le cadre des États capitalistes qui puisse les résoudre.

Pour éradiquer le chômage, pour permette à chacun l’accès aux produits de première nécessité, pour améliorer la santé et l’éducation, il n’y a qu’une seule solution : la révolution sociale et l’édification d’Etats populaires socialistes !

Seules des mesures révolutionnaires à caractère socialiste peuvent résoudre l’urgence de la question sociale ! Et seuls de nouveaux États révolutionnaires et populaires peuvent prendre de telles mesures ! Et seule une révolution populaire consciente de ces objectifs politiques peut parvenir à édifier de tels États !

Camarades, d’un côté ou de l’autre de la Méditerranée, le combat est le même !

Notre révolte exige une direction communiste !

Construisons-la !

ELIAS

Publié dans Combat n°18 Janvier/Février 2011