Car si les élections présidentielles ne représentent en aucune façon le cadre d'une réelle possibilité de changement économique et social, la médiatisation prématurée qu'elle engendre a en revanche vocation à contenir quelque temps les attentes et le mécontentement populaires. C'est aussi à cela que sert le masque démocratique dans un régime de dictature du capital !

Mais l'urgence sociale est là. Le chômage de masse perdure, les conditions de travail s'aggravent et les salaires de l'immense majorité des travailleurs sont désespérément bas, le tout dans un contexte où les prix augmentent. La facture énergétique devient tout à fait insoutenable. Le prix de l'électricité a augmenté par deux fois de 6,4% en quelques mois et ce du seul fait qu'EDF, maintenant en voie de privatisation, cherche a s'ajuster aux prix du marché et se plie a la nouvelle loi "NOME" qui lui impose de vendre 1/4 de son électricité à ses concurrents... Quant au gaz, maintenant que GDF est privatisé au profit de Suez et bien que son prix à la production ait été divisé par 4 depuis 2008, une nouvelle arnaque consistant à l'indexer au prix du pétrole, fait qu'au final, son prix augmente dramatiquement pour les usagers (+ 20% en 1 an et + 60% ces six dernières années !)

Bref, si l'on ajoute à cela le prix du litre d'essence qui pourrait, d'après le PDG de total, atteindre prochainement les 2 euros (!), il est clair que la situation va devenir insupportable, d'autant plus que les produits alimentaires, les assurances de tout poil, ou encore les loyers, ne cessent pas non plus d'augmenter...

Face à l'intolérable, l'enjeu est clair. Soit les travailleurs salariés et les classes populaires en général entrent dans une lutte résolue contre le pouvoir d’État bourgeois et contre les puissances de l'argent qui le détiennent, soit nous nous condamnons à la misère et à l'humiliation et nous acceptons d'être les esclaves passifs et les spectateurs dépressifs des désastres que l'ordre capitaliste nous réserve pour l'avenir. Soit nous retrouvons massivement le chemin de la dignité, qui commence -par exemple- par entrer en lutte sur son lieu de travail comme l'ont fait récemment les salariés de carrefour ou encore ceux de Toyota, soit nous ne valons rien, et nous ne sommes que des victimes soumises à ranger dans le placard de l'histoire !

Cette période du premier mai, doit nous rappeler, que nous autres travailleurs salariés avons plus que jamais toutes les cartes en main pour changer l'ordre des choses. C'est notre responsabilité historique, nous qui sommes la classe sociale majoritaire -le prolétariat- de créer les conditions politiques et d'organisation aux transformations révolutionnaires de  demain. Nous avons les compétences et les solutions pour y parvenir! C’est notre devoir! Le dépassement de l'ère barbare du capitalisme vers un monde communiste, où l'humanité libérée décidera, en toute intelligence, de son développement économique et social, voilà la condition au bonheur de tous et à une planète sauvegardée. Eh bien, cela ne dépend que de nous !

Publié dans Combat n°20 Avril/Mai 2011