Conseils de l’ARM à tous nos camarades engagés dans la lutte

De l’attitude à adopter

face à la menace

de la répression

Chers camarades,

Soyons bien conscients que le mouvement contre la loi El Khomri inaugure probablement une nouvelle période de la lutte des classes. La lutte doit continuer, s’inscrire dans la durée, et se généraliser au-delà du mouvement de défense du code du travail. Pour prendre de l’ampleur, la lutte doit être menée et assumée publiquement.

Nous ne pouvons pas -nous n’en avons pas les capacités actuellement- la placer exclusivement et la mener massivement sur un terrain clandestin ou semi-clandestin. La répression policière contre le mouvement et les risques d’arrestation qui planent sur l’ensemble des mobilisés constituent une réalité. Mais celle-ci doit être relativisée et ne doit pas freiner la construction de la dynamique de lutte. Quelques précautions, une ligne de défense collective, et une attitude politique appropriée, doivent nous permettre de lutter sans peur et de l’assumer fièrement ! Nous autres, les lutteurs et les militants ouvriers ne sommes pas des criminels. Nous ne sommes « coupables » de rien du tout, bien au contraire nous sommes animés par une légitime soif de justice sociale. Nous ne nous laisserons pas infantiliser, nous luttons parce que nous sommes politiquement conscients et socialement responsables. Voici quelques recommandations et principes simples à suivre:

A] Devant le risque d’arrestation, soyons politiquement et syndicalement soudés !

1) Il faut assumer fièrement son engagement militant et ses idées politiques. Etre militant marxiste, ou adhérer à des groupes ou tendances politiques du mouvement ouvrier (anarchiste, anticapitaliste, etc.) est ce qui matérialise le plus haut niveau de la conscience de classe du prolétariat ! Nous n’avons pas à avoir peur de défendre nos perspectives de transformation révolutionnaire, car nous sommes certains qu’elles sont les seules à pouvoir permettre un monde meilleur. Si l’Etat bourgeois décide d’interdire l’expression de nos idées nous le mettrons sur le banc des accusés, devant la réalité de sa fascisation ! Nos idées sont, certes, encore minoritaires mais le droit de les défendre est largement reconnu, même au sein du système judiciaire. Si l’Etat attaque ce droit ce sont toutes les forces sociales attachées aux libertés démocratiques et politiques qu’il heurtera ! Pour l’Etat, le prix à payer d’une éventuelle tentative de répression généralisée contre les militants politiques ouvriers, doit être de révéler sa nature de classe, bourgeoise et dictatoriale ! Et dans ce cas, nous serons de plus en plus nombreux à entrer en résistance !

2) Même si l’engagement syndical ne fait pas toujours sens dans la lutte, il est recommandé de se syndiquer. Camarades, choisissez Solidaires, la CGT ou même FO en fonction de votre boite, de vos relations ou de vos préférences, mais ne sous-estimez pas l’intérêt d’avoir un pied dans un syndicat ouvrier même lorsque vous désapprouvez son attitude. Encore une fois, le syndicat n’est pas un parti politique, ce n’est pas la pureté de sa ligne et la justesse de son positionnement que l’on doit rechercher. Premièrement, les syndicats ouvrent des portes pour propager l’esprit de la lutte dans le monde du travail et ils permettent d’obtenir des informations utiles. Deuxièmement, s’inscrire aussi dans le cadre syndical -ce qui n’interdit pas de lutter sur d’autres terrains et sous d’autres couleurs-  protège, dans une certaine mesure, de l’arbitraire répressif et judiciaire.

B] En cas d’arrestation, les militants et les mobilisés doivent :

- Refuser la comparution immédiate et un éventuel rappel à la loi (ce qui revient à plaider coupable et à s’exposer à des amendes). Nous conseillons également de refuser le fichage ADN, et de placer ce choix sur le terrain d’une résistance politique. Dans ce cas, le militant arrêté peut faire l’objet de poursuites, mais il ne pourra pas être contraint de donner son ADN, ce qui est son intérêt sur le long terme.

- Assumer pleinement son engagement dans la lutte, défendre la légitimité de celle-ci, et pourquoi pas déclarer ne reconnaitre que l’autorité collective des instances démocratiques constituées dans la lutte (des assemblées de lutte, comités, réunions, sans rien dire de plus, toujours rester vague et ne jamais donner aucun détail, ni lieux, ni noms). Il faut être le plus politique possible, parler de la loi travail, de la situation sociale générale, se positionner comme un représentant légitime des intérêts du peuple travailleur (ce qui est vrai et incontestable). Il faut retourner l’interrogatoire contre l’interrogateur, car c’est lui et sa fonction de défense d’un ordre établis profondément injuste qui sont en cause. Les têtes vident des agents chargés de défendre le système doivent être travaillées jusqu’à l’explosion… d’éventuelles contradictions !

- Nier au possible être individuellement l’acteur de violences et insister sur la violence répressive de l’Etat qui porte l’entière responsabilité des éventuelles réactions défensives des manifestants (sans donner le moindre détail là-dessus).

- Concernant les faits d’occupation, de blocage et autres manifestations, il faut rester le plus évasif possible, ne rien dire sur son éventuelle participation personnelle à tel ou tel moment et concernant telle ou telle action. Nous luttons, un point c’est tout ! Soit la police a des preuves sur des faits précis, soit elle n’en possède pas, mais nous n’allons pas lui faciliter la tâche.

- Bien évidement, aucune information susceptible de nuire au mouvement et à nos camarades, ou d’aider une enquête de police, ne doit être donnée. Révéler une information ou un indice compromettant est un crime impardonnable contre la lutte ! Si l’interrogatoire glisse sur un terrain délicat et difficile à maîtriser, il faut entrer dans un mutisme total, nous en avons le droit et le devoir !

Conclusion

Prenons les précautions qui s’imposent, mais soyons le plus politique, le plus militant et le plus constructif possible, car la période de lutte ne fait que commencer ! Le pouvoir tente de nous calmer par la terreur et l’intimidation, mais nous ne cèderons pas ! Nous sommes déterminés à lutter et nous en avons encore le droit ! L’Etat bourgeois a besoin de sa façade démocratique, de se présenter comme un « Etat de droit » garant des libertés démocratiques et politiques pour assurer sa domination idéologique et politique sur la population. Par conséquent, il ne peut pas, car il n’y est pas obligé à l’heure actuelle, faire n’importe quoi dans la répression. Si jamais il décide d’accentuer encore sa répression, eh bien nous multiplierons les procès politiques et les transformerons en tribunes médiatiques de la lutte ! Si l’Etat nous menace de nous enfermer (par exemple en multipliant ses condamnations avec sursis), nous devons continuer à lutter ! Qu’il ose nous emprisonner pour avoir lutté ou milité, nous en ressortirons plus durs et plus déterminés que jamais ! Nous n’avons pas grand-chose à perdre, nos vies sont déjà polluées et entravées en permanence par la société capitaliste ! Nous peinons déjà à exister, à nous loger correctement, parfois même à manger à notre faim, et nous avons souvent, à cause de l’exploitation au travail, trop peu de temps pour assurer notre formation intellectuelle et politique ! Leurs prisons ne nous font pas peur !

Qu’on nous inculpe, nos forces décuplent ! C’est le pouvoir qui, au contraire, a tout à craindre et à perdre à enfermer les militants et les lutteurs ouvriers ! Mais il ne le fera pas sans risquer de faire exploser des contradictions dans toute son armature idéologico-institutionnelle (justice, médias, sphères politico-syndicale, etc.), ce qui amplifiera le mouvement. Il est donc assez peu probable que l’Etat nous enferme en nombre.

Donc, camarades, soyons confiant, ne cédons pas à la peur, et continuons la lutte jusqu’à la victoire finale !

Communiqué de l’Arme Révolutionnaire Marxiste, le 03/05/2016

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